Le projet de pôle athlétisme aux Chinisses, à Huy, n’a pas obtenu son subside: la mort du club ?

En avril dernier, la Ville de Huy avait rentré un dossier pour subsidier son pôle athlétisme aux Chinisses. La réponse négative laisse le club dans de sérieux doutes sur son avenir…

caroline viatour
 Les affiliés du Huy athlétic club devront prendre leur mal en patience en attendant leur nouvelle piste d’athlétisme prévue dans le quartier des Chinisses.
Les affiliés du Huy athlétic club devront prendre leur mal en patience en attendant leur nouvelle piste d’athlétisme prévue dans le quartier des Chinisses. ©Yves Bircic 

La piste d’athlétisme sur laquelle s’entraînent les sportifs du Huy athlétic club étant devenue trop petite et en mauvais état, la Ville avait répondu à un appel à projets, en avril dernier, pour subsidier son pôle athlétisme aux Chinisses. Un projet évalué à 3,5 millions d’euros. "Nous n’avons malheureusement pas obtenu le financement, regrette l’échevin des Sports, Étienne Roba, qui ne cache pas son incompréhension. Sincèrement, je suis déçu par la décision du côté wallon. C’est un projet qui avait du sens pour Huy mais aussi pour la région qui est dépourvue d’une telle infrastructure. On s’adressait aux sportifs mais aussi aux écoles qui auraient pu être des utilisateurs." Les perspectives sont donc loin d’être réjouissantes pour les 700 affiliés du club d’athlétisme et son président Armand Pirotte. Il court après les réponses depuis plusieurs années et le souffle commence à lui manquer… "Nous sommes face à un constat d’échec. Notre piste de 250 mètres est obsolète et nos membres s’y blessent. Nos politiques nous promettent une solution mais ils ne m’ont pas dit si je serais mort avant qu’ils la trouvent, ironise-t-il avant de reprendre un ton plus grave. Cela fait des années qu’on demande de vraies projections concrètes. On ne sent pas qu’il y a un réel engouement pour nous aider et nous sauver. Veulent-ils réellement un club d’athlétisme ? On se pose la question. La Ville n’est peut-être pas assez proactive. À Hannut et Seraing, les autorités viennent d’inaugurer de nouvelles infrastructures alors que de notre côté, on attend toujours les mêmes réponses. Nous sommes les parents pauvres de Huy-Waremme." Le président hutois est amer. Il pense surtout à ses membres et ses affiliés qu’il devra, une nouvelle fois, décevoir.

Mettre la clé sous la porte ?

La promesse était pourtant belle. Celle d’une vaste piste de 400 mètres comprenant huit couloirs mais aussi des infrastructures destinées à la pratique du saut à la perche, du lancer du disque et du javelot. Le tout sur un terrain que la Ville de Huy échangeait avec Meuse Condroz Logement dans le quartier des Chinisses, derrière le Clos des Fraisiers. "L’endroit, c’était le seul point qui bloquait mais on avait trouvé une solution, reprend l’échevin hutois. Le pôle fait bel et bien partie de nos priorités. Sinon on n’aurait pas acté cet échange de terrain lors du dernier conseil communal." Une argumentation qui est loin de convaincre Armand Pirotte. "Je n’y crois plus. Pour avoir moi-même fait de la politique, l’argent, on le trouve où on veut. Et visiblement à Huy, on n’en a pas pour l’athlétisme. C’est clairement un manque de soutien. Si la Ville ne donne pas signe de vie prochainement, on devra penser à mettre la clé sous la porte. Nous nous sommes déjà réunis, avec le comité, pour discuter de cette éventualité. On ne peut pas se battre contre l’impossible donc, oui, on se pose la question de savoir si le club doit continuer d’exister. On ne veut pas continuer de faire des promesses dans le vide à nos affiliés. Et d’ailleurs, certains désertent notre club. On va mourir progressivement."

Il faut donc voir aboutir le rêve de ce pôle athlétisme. Le terrain est désormais là, il ne reste plus qu’à trouver le budget… "On va continuer de répondre à des appels à projets dès qu’on le pourra. Sinon rentrer sur les enveloppes classiques d’InfraSports, assure Étienne Roba. On y travaille réellement mais on a besoin d’un pouvoir subsidiant avec nous. On ne peut pas financer ce projet seul. Les Communes voisines n’ont malheureusement pas souhaité participer mais on pousse toutes les portes qu’on peut. On finira par y arriver mais quand ? On ne sait apporter aucune perspective pour le moment." À l’instar des sportifs qui courront après leur infrastructure, la Ville de Huy promet de cavaler après les subsides. Une chose est sûre, tous veulent franchir la ligne d’arrivée le plus vite possible.