Huy : il logeait chez lui des dealers de cocaïne

Un Hutois hébergeait chez lui des dealers de cocaïne. Il avait été condamné à 6 mois de prison.

Julie de Pauw
 Le Hutois avait accepté que ses «invités» dealent depuis chez lui en échange d’argent et de cocaïne.
Le Hutois avait accepté que ses «invités» dealent depuis chez lui en échange d’argent et de cocaïne. ©ÉdA – 203261558715 

Le 22 juin dernier, un Hutois a écopé de 6 mois de prison et d’une amende de 8 000 € pour vente et détention de cocaïne. Absent lors de l’audience, il avait été condamné par défaut. "Il n’avait pas reçu de convocation", précise son avocat. Ce mercredi, devant le tribunal correctionnel de Huy, l’homme était par contre bien présent pour faire opposition à ce jugement.

Le 3 juillet 2021, les policiers ont débarqué dans l’habitation du prévenu, rue de la Résistance à Huy. Ils étaient à la recherche de deux individus qui auraient mis un coup de couteau à un homme.

Sur place, le Hutois leur indique directement où se cachent les deux protagonistes ainsi que la cocaïne. Il explique alors aux policiers que ces hommes habitent chez lui depuis deux mois. "Je devais, au départ, les dépanner pour trois ou quatre jours. L’idée était que je les laisse dealer depuis chez moi en échange d’argent et de cocaïne. J’ai accepté car j’étais dans une situation difficile. Puis je n’ai pas su les mettre dehors. J’avais peur. Ils exerçaient une pression psychologique sur moi. Et je n’ai pas osé appeler la police."

L’avocat du prévenu demande qu’on considère qu’il y a pu avoir "une contrainte morale qui a fait en sorte que le libre arbitre de mon client soit annihilé". Pour l’avocat, "le trafic aurait existé quoiqu’il arrive. L’aide de mon client n’était pas indispensable." Il conclut qu’à l’époque, "on avait affaire à un consommateur paumé qui essayait de vivoter".

Aujourd’hui, l’homme dit ne consommer de la cocaïne que rarement. "Il ne faudrait donc pas handicaper sa recherche d’emploi", souligne l’avocat. Il a donc plaidé pour une peine de travail, une suspension simple ou probatoire du prononcé ou une peine de probation autonome.

Pour Brigitte Leroy, la procureure de division, le prévenu "a accepté qu’ils s’adonnent à la vente depuis chez lui. Il est donc coauteur." Quant aux craintes exprimées par le prévenu: "il a 20 ans de plus que ces personnes qu’ils hébergent. Et en plus, il habite à 300 mètres de l’hôtel de police donc il aurait pu aller les prévenir." La procureure demande que le jugement soit donc confirmé "mais je ne suis pas opposée à un sursis".

Jugement le 9 novembre.