Il y aura un règlement non discriminatoire sur les tenues dans les écoles de Huy

Un courrier envoyé par la direction d’une des écoles communales à certains parents a déclenché un débat. Il y aura bientôt un règlement non discriminatoire sur les tenues dans les écoles.

C.Du
 Tenue provocante ou pas, il faut revoir le règlement d’ordre intérieur.
Tenue provocante ou pas, il faut revoir le règlement d’ordre intérieur. ©TongTa – stock.adobe.com 

Il y a quelques jours, la direction d’une des écoles communales hutoises envoyait un courrier à certains parents – ceux des écoliers passant le CEB – leur demandant d’être attentifs à la tenue vestimentaire de leurs enfants. Le courrier dénonçait les tenues "trop décontractées voire indécentes (dos et/ou épaules très dénudés, shorts “très” ou “trop” courts, ventre apparent, jupes très courtes)" . "Ce sont des propos inacceptables , s’est écriée Anabelle Rahhal (Écolo). Ils constituent un jugement blessant et culpabilisant pour les enfants, laissant penser que la tenue d’un enfant aurait d’une quelconque façon une dimension sexualisante." Surtout que le ROI, le règlement d’ordre intérieur, de l’école ne prévoit rien sur les tenues vestimentaires à respecter. "Aucun cadre lisible" actuellement. Le Pouvoir organisateur de l’enseignement communal doit se pencher sur la question. Le conseil de participation doit être l’espace de débats pour revoir le ROI avec l’ensemble des acteurs.Ce nouveau règlement d’ordre intérieur doit être "objectif et non genré, afin de combattre dès le plus jeune âge le sexisme et la culpabilisation des jeunes filles" . Afin de prévenir le harcèlement, les agressions et le viol.

Question d’Anabelle Rahal: "La Ville peut-elle accompagner un débat participatif sur la question?" En soutien à la demande des écolos, Ruben Garcia Otero (PTB) s’est posé plusieurs questions. Combien y a-t-il eu de tenues indécentes constatées? Qu’est-ce qu’une tenue indécente chez un garçon, chez une fille? Qui décide qu’une tenue est indécente?

Un courrier «très très» maladroit

Adrien Housiaux, échevin de l’Enseignement, a reconnu que le courrier de la direction était "très très maladroit. Ce n’est pas nous qui sommes juges de la décence; nous ne sommes pas là pour stigmatiser quiconque." Il doit effectivement y avoir un débat nuancé. Il va ainsi réunir la commission Enseignement, la Copaloc, les conseils de participation en octobre. Ils se pencheront sur la question sur base d’un travail fourni par la ministre. "Il n’y a pas de décret qui encadre les notions d’indécence , a-t-il ajouté. C’est un sujet “touchy”; il faut prendre le temps de la réflexion." Mais réflexion il y aura avec une modification du ROI une fois celle-ci menée à son terme.