Huy et son plan de gestion ou son plan d’austérité?

Le budget hutois, c’est 45 millions d’euros dont le tiers provient de la centrale nucléaire. Avec la sortie du nucléaire programmée, la Ville va devoir se serrer la ceinture. Le nouveau plan de gestion ? Un plan d’austérité selon l’opposition qui tire au bazooka.

Catherine DUCHATEAU
 La sortie du nucléaire aura un impact direct sur les finances communales… et aussi sur la vie des Hutois et des Hutoises.
La sortie du nucléaire aura un impact direct sur les finances communales… et aussi sur la vie des Hutois et des Hutoises. ©© ÉdA – Jacques Duchateau

Huy, comme les autres Communes, a travaillé sur son Plan de gestion. Celui qui va déterminer sa ligne de conduite pour les prochaines années. Le dernier? Il datait d’il y a une dizaine d’années, alors qu’un tiers des recettes de la Ville provenait d’Engie Electrabel via sa centrale nucléaire.

Avec la sortie du nucléaire désormais programmée, il va falloir se serrer la ceinture. Huy n’aura plus à sa disposition un tiers des recettes en provenance du nucléaire. Le collège communal hutois en est bien conscient. "Il faudra faire preuve d’imagination pour trouver les fonds nécessaires; on est à la croisée des chemins" , a expliqué l’échevin des Finances, Jacques Mouton, lundi soir, aux conseillers communaux. Il a donc présenté les grandes lignes de ce plan de gestion. Et notamment le plan Oxygen de la Région wallonne qui va lui amener entre 28 et 31,3millions. Un emprunt que la Ville devra rembourser mais qui lui permettra d’avancer.

Autre mesure: la taxe sur les déchets nucléaires pour un montant annuel de 4,3 millions. Si l’IPP restera à 8%, "on va revoir certaines tarifications" , a ajouté Jacques Mouton. Comme la taxe sur l’absence d’emplacement de parcage, le permis d’implantation commerciale, le tarif du stand de tir, le prix des plaines communales ou encore la gestion du marché hebdomadaire ainsi que le transport scolaire qui seront externalisés. La gestion du marché emploie actuellement deux personnes à qui on proposera d’autres tâches.

D’autres mesures encore? Les synergies avec toutes les entités consolidées et plus uniquement le CPAS, la suppression pour le personnel communal de trois jours fériés ainsi que celle des cours de néerlandais à charge des finances communales dans les écoles.

Des mesures «violentes» selon l’opposition

Ce plan de gestion, c’est 78pages "pour le moins salées" , a commenté Rodrigue Demeuse (Écolo). Qui les a visiblement analysées à la loupe. Oui, il y a des mesures positives et nécessaires. Par contre, ce plan de gestion comprend aussi "des mesures violentes à l’égard des Hutois et du personnel communal" . "L’excuse de la sortie du nucléaire ne peut pas tout justifier" , commente-t-il. D’autant plus que la sortie du nucléaire, on la connaît… depuis la construction des centrales. La Ville de Huy est sous plan de gestion depuis le début des années 2000, malgré la manne nucléaire. "Ce qu’on paie aujourd’hui, ce sont les conséquences de 30ans de mauvaise gestion et de non-préparation."

Surtout, les écolos dénoncent des mesures "violentes sur le plan social" qui ne rapportent que des clopinettes. Comme la diminution d’un tiers du nombre d’enfants admis aux plaines de jeux avec, en plus, une augmentation du prix de ces plaines (de 3 à 4€ par jour). "Tout ça pour économiser 12000€ par an sur un budget de 45millions…" Même raisonnement pour la suppression de la prime vélo électrique qui permettra d’économiser une dépense de 10000€ (mais elle ne rencontre pas l’enthousiasme espéré, répondra Jacques Mouton).

Réflexion de GrégoryVidal (DéfiPourHuy): il regrette que tous les groupes politiques n’aient pas été associés à la réflexion. "Il y a plus de choses dans la tête de 27 conseillers que dans deux, trois ou quatre… Quand on vous demande pour participer, vous refusez." Et de pointer l’augmentation de la taxe sur l’absence de parcage: "Vous supprimez les places de parking en ville et vous imposez, aux gens qui achètent des immeubles, des places de parking. Avec une taxe de 6000€ si ce n’est pas le cas. "

"Quand on a un budget de 47millions avec un tiers des recettes provenant du nucléaire et que 46% du budget concerne l’emploi, on doit prendre des mesures , réplique Christophe Collignon, bourgmestre en titre. On veut garantir l’emploi de gens qui acceptent ce qu’on leur impose. On doit adapter notre voilure à nos recettes. Oui, certaines économies sont petites, mais elles permettent de sauver un emploi. Là, on n’a licencié personne.On s’était engagés à être responsables."