Huy revoit son plan de gestion pour faire face à la sortie du nucléaire

La Ville de Huy actualise son plan de gestion pour faire face à la sortir du nucléaire. Avec une cinquantaine de mesures à prendre.

C.Du
 La sortie du nucléaire aura un impact sur les finances.
La sortie du nucléaire aura un impact sur les finances. ©© ÉdA – Jacques Duchateau 

Toutes les Communes doivent présenter un plan de gestion. Celui de Huy date d’une dizaine d’années, selon son échevin en charge des Finances. Là, le collège a décidé de l’actualiser et le présentera aux conseillers communaux lundi soir.

"Ce projet d’actualisation du plan de gestion présentera des mesures – il y en a une cinquantaine – pour faire face à la sortie du nucléaire" , explique l’échevin Jacques Mouton. Une sortie qui, à terme, signifiera un tiers de recettes en moins. Car les trois centrales nucléaires, c’est 15millions assurés sur un budget de 45 millions d’euros. Ce qui, à coup sûr, aura un impact sur la structure des finances communales et dans l’organisation de l’administration communale.

Mais le bourgmestre f.f. Éric Dosogne est clair: "la philosophie, c’est de ne pas mettre de taxe supplémentaire. On doit vivre avec trois centrales nucléaires en moins."

Le calendrier de sortie du nucléaire prévoit la fermeture de la première centrale dès février 2023, et des deux autres pour septembre puis octobre 2025. Si un accord est intervenu pour prolonger Tihange 3 pendant dix ans, il n’a toujours pas été formalisé à l’heure actuelle.

Alors? La Ville doit planifier son avenir avec des recettes en moins. "On va instaurer une taxe sur le stockage des déchets nucléaires qui va rapporter presque 4,5millions par an" , note l’échevin Jacques Mouton. Autres mesures? Le développement des synergies non seulement avec le CPAS (comme c’est déjà le cas) mais aussi avec les entités consolidées. "Il y aura une mutualisation des services comme l’entretien." De plus, si la majorité garantit l’emploi, elle ne renouvellera plus les départs naturels. La Ville va aussi construire une cité administrative regroupant tous les services communaux et du CPAS afin de limiter les coûts.

"On est optimistes grâce au plan Oxygen de la Région wallonne ", explique le bourgmestre. Plan qui, entre 2022 et 2026, lui permettra d’avoir des prêts. "La Région peut nous avancer 27,5millions étalés sur cinq à six ans, on ne remboursera que les intérêts à partir d’une certaine date , poursuit l’échevin Mouton. Ce sera réellement une bouée d’oxygène pour digérer la sortie du nucléaire. " L’opposition pense-t-elle la même chose? Ses conseillers ne manqueront certainement pas, lundi au conseil communal, d’expliquer leur position sur la question.