Cocaïne, menaces, coups et blessures rue de la Résistance à Huy

Quatre personnes sont impliquées mais seul un prévenu a comparu devant le tribunal correctionnel de Huy.

Julie De Pauw
 Des menaces auraient été proférées envers la victime pour le pousser à retirer sa plainte.
Des menaces auraient été proférées envers la victime pour le pousser à retirer sa plainte. ©Photonews

Le 3 juillet 2021, un homme se rend à la police après avoir été aux urgences. Il explique qu’il se promenait à Huy avec son fils quand, arrivés rue de la Résistance à Huy, il aurait croisé deux connaissances à qui il devait 20 €. Il déclare qu’un des deux individus l’aurait tenu par le cou et l’autre lui aurait donné un coup de couteau au-dessus de la fesse droite. "Une entaille de 15 cm a été constatée" , a souligné Brigitte Leroy, la procureure de division, lors de l’audience, ce mercredi, au tribunal correctionnel de Huy. Les services de police se mettent alors en chasse des auteurs des faits et se rendent dans un appartement de cette même rue de la Résistance. L’homme qui habite là leur explique que deux hommes se cachent, en effet, chez lui. Sur place, les policiers retrouvent aussi de la cocaïne et un peu d’argent. L’habitant de l’appartement explique que "des personnes de nationalité étrangère sont chez lui depuis deux mois et vendent au départ de chez lui".

Quatre protagonistes étaient, en fait, poursuivis pour des faits de vente et détention de cocaïne, de menaces et de coups et blessures. Mais seul l’un d’entre eux s’est présenté devant le tribunal correctionnel de Huy: un homme âgé d’une vingtaine d’années, d’origine tunisienne et en séjour irrégulier en Belgique.

La victime a expliqué qu’un des auteurs des faits est un certain "Medhi", un pseudo qui serait employé par le prévenu. Mais il dément utiliser ce pseudo. Et nie aussi en bloc tous les autres faits. Il reconnaît qu’il consommait auparavant de la cocaïne mais n’en a "jamais vendu". Concernant les coups, il déclare qu’il "n’était pas en Belgique ce jour-là mais en France". Des menaces écrites et verbales auraient aussi été proférées par le fameux "Medhi" envers la victime pour le pousser notamment à retirer sa plainte. "C’est lui qui m’a menacé le premier.Je n’ai fait que lui répondre. Il a inventé toute cette histoire" , se justifie le prévenu.

Menace avec un pistolet

La victime a aussi expliqué aux policiers que, le lendemain de l’agression, des personnes étaient passées devant chez lui en voiture en lui montrant un pistolet. Des faits que le prévenu conteste également. "Il ment, je ne sais même pas où il habite." La victime a également déclaré que "Medhi" circulait en scooter et avait un casque blanc et noir, ce qui semble être le cas du prévenu, comme l’a soulevé la procureure de division.

Brigitte Leroy a donc requis 18 mois de prison à l’encontre du prévenu. "Mais je ne serais pas opposée à ce qu’il puisse bénéficier d’un sursis probatoire." Les autres protagonistes risquent, eux, 18 mois et un an de prison.Tandis que l’habitant de la rue de la Résistance, encourt une peine d’1 an de prison.

L’avocat du prévenu présent a plaidé pour l’acquittement. "Il a été embrigadé dans les déclarations qui le dépassent. Rien ne permet de dire qu’il était effectivement présent lors de l’agression. Il y a aussi un doute sur la vente de stupéfiants. Être consommateur n’implique pas forcément qu’on en détient. Enfin, concernant le casque et le scooter, c’est un peu essayer de sauver les meubles.Rien ne dit, en effet, que mon client soit le propriétaire et l’utilisateur habituel de ce scooter."

Jugement le 15 juin