Huy: Benjamin Paulus motorise des vélos classiques

Transformer votre vélo de ville ou votre VTT traditionnel en vélo à assistance électrique: c’est possible grâce à Benjamin Paulus.

Pascal Alexandre
Huy: Benjamin Paulus motorise des vélos classiques
Benjamin Paulus a décidé il y a un an de diversifier ses activités en proposant d’équiper des vélos traditionnels d’un moteur électrique. La transformation prend quelques heures. ©ÉdA – P.A.

Le début de la crise du Covid en 2020 avait boosté les ventes des vélos à assistance électrique. Et l’année 2021 a à nouveau été très bonne, même si ces ventes ont connu une légère baisse en Belgique. Le marché arriverait-il à saturation? Peut-être. Les indécis hésiteraient-ils à investir plusieurs milliers d’euros dans leur deux-roues? Possible aussi.

Dans ce cas, Benjamin Paulus et son papa Jean offrent une excellente alternative. Depuis près d’un an, ils transforment des vélos traditionnels en vélos à assistance électrique.

"Ça fait 12 ans que j'ai un atelier de réparation et 3 ans et demi que nous sommes installés route de Hamoir, à Huy, explique l'ancien professeur de sciences de l'"Agri". Grâce à mon passé de compétiteur dans différentes disciplines du vélo, j'ai d'abord été un autodidacte de la réparation, avant d'obtenir l'accès à la profession."

Initialement donc, père et fils faisaient uniquement de la vente et de la réparation de vélos. Mais pour se diversifier, ils ont eu l’idée de motoriser des vélos traditionnels.

Environ 1 000€ pour le lifting

"D'abord avec des moteurs à roue arrière, ce qui nécessitait parfois beaucoup de travail, car il fallait élargir les bases, détaille Benjamin, détenteur d'une formation en électromécanique. Ensuite avec des moteurs à pédalier que nous pouvons installer en une demi-journée. Nous proposons des moteurs allant de 250 à 500 watts. Nous devons les brider puisque la loi n'autorise pas les vélos électriques à dépasser 25 km/h sur route en Belgique. Les batteries oscillent entre 300 et 1 000 watts/heure, et permettent une autonomie de 80 à 100 voire 200 km." Coût de la transformation: environ un millier d'euros. "Nous sommes pratiquement dans les mêmes gammes de prix que ce qui est proposé dans les grandes enseignes, mais nous travaillons ici avec des pièces de qualité avec lesquelles nous n'avons jamais rencontré de soucis."

Pas de risque non plus, selon Jean Paulus, de mettre à moule les pièces d'origine. "Les freins à disque sont avant tout un argument de vente, assure-t-il. Un vélo muni de freins à patins peut tout à fait être équipé d'un moteur électrique. Quant aux poids, il n'y a aucun souci. Il faut compter 7,5 kg supplémentaires. Les vélos sont conçus pour supporter des personnes jusqu'à 120 kilos."

Même s'il affirme être le seul vélociste de la région à opérer pareil lifting, Benjamin Paulus ne veut pas tirer de plan sur la comète. "Cette partie de mon activité est-elle amenée à prendre de l'ampleur? Difficile à dire. Elle représente aujourd'hui 10% de notre chiffre d'affaires." Et son paternel de conclure: "Ce qui est sympa, c'est que des clients viennent nous trouver avec des vélos qui ont une grande valeur sentimentale. En les motorisant, on leur offre une deuxième vie. Les voilà repartis pour dix ans!"