L’homme abattu à Huy a brandi une épée vers un policier

Le parquet a communiqué sur les faits de ce midi à Huy. Le Hutois qui a détruit des voitures garées dans la rue Paul Carré ce dimanche avant d’être abattu, est ressorti armé de son domicile et n’a pas répondu aux injonctions de la police.

Sarah Rasujew

Ce dimanche, un quadragénaire, habitant de la rue Paul Carré à Huy, a été abattu par la police après avoir brandi une épée vers un policier. Vers midi la police de Huy a été appelée à intervenir parce qu’un homme avait été aperçu en train de détruire des véhicules stationnés dans sa rue. Selon la magistrate de garde au parquet, il aurait également saccagé son domicile. Lorsque la police est intervenue sur place, le suspect était déjà rentré dans son domicile.

Ce dernier est ressorti avec une épée. "Les policiers lui ont demandé de poser son arme, précise le bourgmestre de Huy, Éric Dosogne. Il n’a pas obtempéré et a continué à s’avancer vers les policiers. Quand il a brandi son arme en direction d’un policier, ils n’ont eu d’autre choix que de tirer pour protéger le collègue menacé."

«Il fallait agir»

D’après les premiers éléments de cette affaire, l’homme se montrait particulièrement menaçant et malgré les injonctions, il continuait à brandir son arme en direction d’un policier. Éric Dosogne apporte son soutien à sa police. "J’ai toute confiance dans le professionnalisme des policiers hutois, explique-t-il tout en se disant attristé par la mort d’un homme. Cela reste triste, mais quand les policiers sont menacés de mort et qu’une arme blanche est brandie vers l’un d’eux, ils ne peuvent pas prendre de risque. Il fallait agir."

Le bourgmestre hutois connaît particulièrement bien les lieux du drame. "J’y ai passé toute mon enfance. J’habitais rue La Motte, une rue perpendiculaire. C’est une rue calme. Elle est composée de maisons ouvrières et je connais plusieurs personnes qui y habitent."

«Pas des cowboys!»

Éric Dosogne déplore l’apparition de certains messages sur les réseaux sociaux provenant de personnes qui jugent les faits alors qu’une enquête est menée par la police de la zone du Condroz, les faits impliquant leurs collègues hutois. "Les gens écrivent déjà que les policiers de Huy sont des cowboys. Ma police n’est pas connue de cette manière. L’enquête suit son cours, les policiers vont être entendus. Il y a une enquête interne, c’est la procédure. Il est trop tôt pour juger", insiste le bourgmestre qui affirme connaître la victime "de réputation".

Deux détonations

Quant aux riverains de la rue Paul Carré, ils ont été particulièrement choqués. "J’ai entendu deux détonations, indique une habitante qui préfère garder l’anonymat. Au début, je croyais qu’il s’agissait d’un bruit provenant d’une maison en chantier. Je me suis dit que c’était bizarre. Je n’avais jamais entendu un bruit pareil. Les faits se sont produits à deux pas de chez moi. Franchement, je me suis demandé ce que c’était. Je suis sortie sur le pas de la porte et là j’ai vu un corps étendu sur le sol. Ensuite, une ambulance est arrivée sur place, mais les secours n’ont rien pu pour l’homme qui a été recouvert d’un drap. J’ai vu que le corps se trouvait sur la rue, à quelques pas du trottoir. Je ne suis pas allée voir plus loin. Je ne voulais pas voir cela."

Deux voitures endommagées

Un peu après les faits, les voisins les ont commentés et plusieurs personnes étaient choquées. "Ma voisine m’a expliqué qu’elle avait garé sa voiture au début de la rue. La vitre arrière de son véhicule avait été brisée. Elle pleurait. Elle était choquée. Un autre véhicule aurait été endommagé. C’est un quartier calme. C’est incroyable. Je n’avais jamais rien vu de tel. J’ai déjà vu des accidents, mais jamais de choses pareilles."

Cette riveraine avait déjà vu le suspect dans sa rue. "Je n’ai jamais eu de problèmes avec lui. Je l’ai déjà vu promener un petit chien, mais sans plus. Ce dimanche, il avait une fameuse rage."

En repensant à ce qu’il s’est passé, cette dame se dit que c’est un miracle qu’il n’y a pas eu d’autres personnes touchées. "Heureusement qu’il n’y a pas eu des personnes qui passaient au moment des faits. On ne sait jamais avec des gens pareils. Des personnes auraient pu être attaquées. Ça s’est passé en plein tournant."

Le parquet est actuellement sur les lieux. Le dossier a été mis à l’instruction par la magistrate de garde. Aucune information n’a filtré sur l’identité du Hutois qui a perdu la vie.