INTERVIEW | Elsa Houben rempile pour la 12e saison de «Clem»: «Une expérience unique»

Victoire Brimont dans la série «Clem» diffusée sur TF1, Elsa Houben est une actrice qui brûle de vivre et d’incarner. Rencontre avec la jeune Hutoise.

INTERVIEW | Elsa Houben rempile pour la 12e  saison de «Clem»: «Une expérience unique»
Entre les tournages de films et de séries, Elsa Houben est toujours partie. Huy, c’est son point d’attache. ©Heymans
Caroline Viatour

Qui veux-tu être quand tu seras grande? «Je veux être actrice et faire comme à la télé», aurait répondu Elsa Houben du haut de ses 5 ans. C'est à cet âge-là que tout a commencé pour la jeune Hutoise. Aujourd'hui, à 18 ans, son rêve de petite fille n'a pas changé. Et elle se donne les moyens pour y parvenir. Elle a cumulé les rôles sur le petit et le grand écran. Mais qui es-tu, Elsa Houben? Rencontre avec l'actrice en toute intimité autour d'un verre en terrasse, sur la place de Huy, la ville de son enfance, son point d'attache.

Bonnet sur la tête pour se protéger des regards indiscrets, elle est plus décontractée que dans son rôle de Victoire Brimont de la série française «Clem». Le regard fuyant mais profond, le sourire espiègle, l'élocution posée, Elsa Houben se livre sans détour et revient sur son parcours. «J'ai commencé à 5 ans par des petits rôles au début. Mes parents ne sont pas du tout dans cet univers-là mais ils m'ont toujours soutenue et encouragée, confie-t-elle. Les rôles se sont multipliés et, vers 8 ans, j'ai commencé à prendre conscience de ce que je faisais. Je n'ai pas un rôle en particulier qui m'a vraiment lancée. Ça a été plus un cheminement au fur et à mesure qui m'a confortée dans ce choix.» Sans avoir fait de formation, la Hutoise s'est plongée dans le monde de l'acting. Ce qui attire chez elle? Son côté «poupée» blonde, son regard bleu perçant, sa peau blanche et surtout son talent d'actrice. Elle n'a que 18 ans, la tête bien faite, et la grâce, rare, de ceux qui ne trichent pas: «Ce qui me plaît dans ce métier, c'est de pouvoir incarner plusieurs rôles différents et aborder différentes visions. J'aime cette idée de pouvoir vivre plusieurs vies parce que la mienne ne me suffit pas.»

INTERVIEW | Elsa Houben rempile pour la 12e saison de «Clem»: «Une expérience unique»
©Heymans

Et le monde d'Elsa n'a pas de frontières. Si elle le pouvait, elle irait tourner sur la Lune. Par envie de découvrir, de partager et d'échanger. On a trouvé une planète rare. «Le plus difficile est de sortir d'un rôle. Les personnages que j'incarne font partie de moi. Je me surprends parfois à parler ou reprendre leurs expressions. Je grandis avec eux. Il y a un peu de schizophrénie, je pense, sourit-elle. On a l'impression d'avoir des alter ego.» Son métier, elle l'aime, elle le vit, elle l'incarne. Et pourtant, quelquefois, elle aimerait aussi être elle-même: «Je ne peux pas faire ce que je veux avec mon corps. Me couper les cheveux, par exemple. Je suis restreinte également dans les activités sportives. J'ai toujours voulu faire du rugby ou un sport de combat mais je n'ai jamais pu.»

Derrière la caméra

On pourrait diagnostiquer, chez elle, une sorte de boulimie artistique. Sa curiosité sans borne la poussera peut-être, un jour, à passer de l'autre côté de la caméra: «Je termine mes examens et je prendrai une année sabbatique. J'ai envie de me lancer dans l'écriture et réaliser un court-métrage. Une fois que je serai prête, je vais tenter l'Institut Supérieur des Arts à Bruxelles. Je ne sais pas encore si je voudrais être derrière ou devant la caméra.» Difficile de savoir parfois qui on veut être. Et si Elsa parle sans détour avec une franchise déroutante, elle accorde difficilement sa confiance. De la timidité? Non, pas vraiment. De la pudeur? Oui, il y a un peu de ça. Mais au fur et à mesure du temps qui passe, elle se livre progressivement et enlève le bonnet, comme pour faire tomber le masque. Le pari est donc gagné. «Oui, c'est vrai, j'aime bien avoir un bonnet sur la tête. C'est un peu ma protection, s'amuse-t-elle. J'ai un peu peur de la célébrité.» Tourmentée mais aussi blagueuse, sensible et pétillante, Elsa Houben reste discrète pour préserver sa vie privée. Peut-être par peur que la lumière de la scène ne lui fasse oublier la valeur aussi importante de l'anonymat. Car une vie simple est tout aussi précieuse. Et elle le sait.

INTERVIEW | Elsa Houben rempile pour la 12e saison de «Clem»: «Une expérience unique»
©Heymans

Elsa Houben rempilera pour la 12e saison de «Clem». Une série qui l'a fait grandir dans le rôle de Victoire Brimont.

Est-ce que la série «Clem» est un tremplin pour toi?

Ça dépend… Le cinéma et la télé sont deux mondes assez différents. La télé permet d’avoir plus de visibilité, surtout avec une grosse série française comme Clem mais j’ai aussi envie de me tourner davantage vers le cinéma. À la télé, les rôles de mon âge sont souvent les mêmes: des adolescentes qui vivent des choses de la vie de tous les jours. Au cinéma, les rôles sont souvent plus profonds. Je voudrais sortir de ce rôle d’adolescente.

Dans la série, tu incarnes le rôle de Victoire Brimont. Une jeune adolescente qui évolue dans une famille très traditionnelle et conventionnelle. Comment te sens-tu dans ce rôle?

Ce qui est bien, c’est que je participe vraiment à l’évolution de ce personnage. Les réalisateurs sont très à l’écoute de nos suggestions et propositions. On me demande souvent mon avis sur la manière dont j’envisage les choses car c’est moi qui connais le mieux Victoire et il y a beaucoup de place pour l’improvisation. Clem est une comédie dramatique et la famille Brimont est là pour apporter un peu d’humour et de légèreté.

Quels traits de caractère partages-tu avec Victoire?

Je pense que ce serait plus facile de parler des différences qu’on a, elle et moi. Elle est plus jeune que moi donc il y a beaucoup de réflexions et d’expériences qu’elle traverse que j’ai moi-même vécues il y a quelques années. Elle ne fait pas toujours les bons choix. Au fur et à mesure, elle s’émancipe de ce rôle de petite fille modèle. Je trouve que c’est une belle évolution.

Comment as-tu vécu cette aventure humaine?

C’est une expérience unique de pouvoir être aux côtés d’acteurs qui ont plus de vécu et de bagage. Ils ont toujours des choses à raconter. Je pense qu’il y en a très peu qui m’ont fait cet effet-là mais Lucie Lucas, Michèle Laroque ou Alice Taglioni m’ont vraiment beaucoup appris et apporté. Elles sont très impressionnantes tout en restant simples et attentives. J’ai rencontré des personnes extraordinaires grâce à cette série et j’ai vraiment grandi à travers cette expérience. Clem, c’est une grande famille.

L’école à domicile

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Entre les tournages et les déplacements, difficile, pour Elsa Houben, d'avoir une vie «comme tout le monde». Il y a deux ans, elle a fait le choix de l'école à domicile: «Ce n'est pas toujours évident, il faut avoir beaucoup de motivation. Je sais gérer seule car j'ai souvent été en retard sur la matière car je ne savais pas aller tout le temps à l'école. Socialement, j'ai beaucoup plus d'amis de tournage que d'école. Je ne côtoie pas beaucoup de gens de mon âge.» Il faut dire que son métier prend une place importante dans sa vie alors, il faut faire des choix. Et «choisir, c'est renoncer». Sans regret. «Je ne pense pas que je pourrai un jour me lasser de ce métier car il y aura toujours de choses nouvelles à découvrir, analyse-t-elle. On est vraiment dans l'humain et chaque personne ou personnage apporte quelque chose de différent. C'est parfois difficile de savoir qui on est. Cette année, je me pose vraiment beaucoup la question de savoir qui je suis.»