Huy: viol de sa fille, «Elle était consentante»

Un homme, prévenu du viol de sa fille handicapée, a été entendu par le tribunal. Pour lui, elle était «consentante».

F. M.
F. M.
Huy: viol de sa fille, «Elle était consentante»
Sa fille, une Hutoise atteinte d’un retard mental, réclame 2 500€ de dommage moral. ©Reporters / DPA

Un Olnois de 50 ans a été entendu par le tribunal correctionnel de Huy. Il est prévenu pour le viol de sa fille, une Hutoise de 23 ans, avec la circonstance que celle-ci souffre d’une légère déficience mentale.

Le 23 janvier 2018, le père se serait présenté au domicile de la jeune femme. Il serait entré dans sa chambre en prenant soin de verrouiller la porte. Après l'avoir déshabillée, il l'aurait allongée sur le lit et violée. L'homme nie les préventions. «Elle était totalement consentante, je ne l'ai pas frappée.» Le juge lui a rappelé qu'il s'agissait quand même de sa fille biologique et qu'elle souffrait d'un trouble. «Oui, elle a un retard pour ce qu'elle veut bien. Mais c'est vrai que ce n'est pas normal. J'aurais dû faire demi-tour et rentrer chez moi.»

Elle est «dans une solitude affective totale»

«Il a touché ma poitrine et m'a donné des bisous, avait déclaré la victime. J'avais peur de lui. Il m'a pénétré sans protection et je n'ai pas bougé. Il m'a donné 20€ et m'a dit qu'il repasserait tous les mois pour me donner de l'argent. Il ne voulait pas que sa nouvelle femme soit au courant. Moi, j'ai tout raconté à ma maman. Je crois qu'il a fait cela car je venais de rompre avec mon petit ami. Il savait que j'étais seule.»

L'avocat de la victime a demandé une réparation du dommage moral de 2 500€. «Ma cliente a été abandonnée à l'âge de 5 ans par ses parents. Vers 18 ans, elle a recontacté son père et a décidé de lui donner sa confiance. Aujourd'hui, elle a des angoisses et se trouve dans une solitude affective totale.»

«Les faits sont graves, assure la substitut du procureur du roi. Le rapport d'expert montre qu'actuellement, la victime a une très mauvaise image d'elle-même. Elle éprouve des difficultés à se faire respecter. Son visage est marqué et elle présente de nombreux tics faciaux, des bégaiements et ne termine pas ses phrases. Pour l'expertise du prévenu, il faut noter qu'il était conscient de son acte. En 2014, il avait déjà été jugé pour un attentat à la pudeur sur une jeune fille de 15 ans.»

Une peine de quatre ans d'emprisonnement a ainsi été requise. Pour la défense, qui demande l'acquittement du prévenu, il y a deux poids, deux mesures. «Mon client présente aussi un retard mental. Donc, on ne peut pas dire qu'il est totalement responsable.»

Jugement le 5 avril.