Il ne sait plus pourquoi il a frappé le chauffeur

Sébastien a agressé un chauffeur de bus de la ligne 128 (Waremme-Geer-Hannut). Comme excuse, il évoque l'alcool et une situation familiale difficile.

Jean-Louis Tasiaux
Il ne sait plus pourquoi il a frappé le chauffeur
2302655 ©© EdA

Cette agression de chauffeur de bus, le 12 février dernier, avait fait beaucoup de bruit. Didier, un chauffeur villersois, avait été frappé par un client à bord de son bus, sur la ligne 128 (Waremme-Geer-Hannut). Sébastien (20 ans), le jeune agres seur, devait s'expliquer de ces faits.

«Vous faites moins de bruit que dans le bus. On vous comprend à peine ce que vous dites», lui lance la présidente Hollart. Et il est vrai que le jeune homme paraît bien timide et chétif devant le tribunal. Une attitude tout en contraste avec les gestes violents qu'il a commis le 12 février.

Le jeune homme explique le contexte de cette journée. Alors qu'il était à l'école, il a été prévenu que sa mère venait de faire une tentative de suicide. Alors, il a bu. Puis, avec sa copine, ils ont pris le train pour Waremme. Et dans le train, il a déjà eu une altercation avec un autre voyageur. Arrivé à Waremme, il a encore bu et acheté des frites et une fricadelle.

Quand le jeune couple a voulu monter dans le bus, le chauffeur s'y est opposé; le règlement interdisant de manger dans le bus. La copine s'est débarrassée des frites et ils ont pu embarquer.

«Après, je ne me souviens plus bien. C'est ma copine qui me l'a raconté par la suite». À plusieurs reprises, le Braivois est venu importuner le chauffeur. Celui-ci lui a demandé de sortir. À Lens-Saint-Servais, le jeune homme et sa copine ont finalement accepté de partir. Mais au passage, Sébastien, s'appuyant sur ses deux bras, a lancé de violents coups de pieds vers le chauffeur.

«Suspension? Faut quand même pas exagérer»

Pour le procureur du roi, les faits sont établis. Sébastien a harcelé le chauffeur à plusieurs reprises avant de l'agresser physiquement. Elle requiert une peine de 75 h de travail ou à défaut 6 mois de prison.

Me Seinlet, conseil du prévenu, prone plutôt pour la suspension du prononcé afin d'éviter le déclassement social du jeune homme. «Il suit des études et regrette son geste...».«Je m'oppose formellement à une suspension du prononcé, rétorque le substitut Brigitte Leroy. Faut quand même pas exagérer quand même...» La présidente Hollart a conclu en tentant d'encourager le jeune prévenu : «Ne gâchez pas votre avenir. Faites attention à ce que vous allez faire de votre vie...»

Jugement le 31 mars.