Tensions à la Zone Hemeco: «Je ne suis pas un dictateur»

Stéphane Bouquette, le chef de corps de la zone de secours Hemeco, répond aux syndicats qui l’accusent d’autoritarisme.

Frédéric Renson
Tensions à la Zone Hemeco: «Je ne suis pas un dictateur»
©Eda Renson

Ce dimanche, la zone de secours Hemeco tenait sa journée portes ouvertes à la caserne des pompiers de Huy. Si la manifestation s’est soldée sur un beau succès populaire, l’appel au boycott lancé vendredi par les syndicats CGSP et SLFP pour dénoncer divers dysfonctionnements, a bien été suivi par plusieurs pompiers mais sans compromettre la bonne organisation. Les reproches formulés et appuyés par un rapport du Contrôle du bien-être au travail, pointaient principalement des conditions déplorables dans les locaux de la caserne des pompiers de Hamoir, des normes de sécurité et d’hygiène non respectées, une absence de dialogue social et des droits des travailleurs bafoués…

Le Contrôle du bien-être au travail a, dès lors, mis en demeure la zone Hemeco de présenter pour ce mercredi, un plan global de prévention sur base du prescrit légal, une analyse des risques et un plan annuel d'action. Sans quoi «un procès-verbal de constatation d'infractions sera rédigé pour absence de système dynamique de gestion des risques et entrave à la concertation sociale».

La charge des syndicats était particulièrement lourde à l'encontre du commandant Stéphane Bouquette accusé d'être «un véritable dictateur». Le chef de corps de la zone Hemeco nous a accordé une interview ce dimanche.

Commandant Bouquette, la journée portes ouvertes de la zone Hemeco a-t-elle finalement pâti de l’appel au boycott des syndicats?

Non. Certains pompiers ont suivi l’appel au boycott. Mais, ce que je retiens, ce sont des enfants au paradis devant tous ces véhicules et ces démonstrations. Boycotter une journée du personnel, je pourrais à la rigueur accepter. Mais une journée portes ouvertes, c’est complètement débile.

La zone Hemeco est invitée à rendre un plan pour mercredi sous peine d’être visée par un PV du Contrôle du bien-être au travail.

C’est un dossier que l’on a sous le bras. Ce n’est pas propre à notre zone. La mise en place des 34 zones de secours prend du temps. Le commandement n’est pas facile. La réforme est en cours et il y a encore des choses à faire. On est bien d’accord qu’il faut faire ce plan global de prévention. Et les syndicats ont raison sur les manquements à la caserne de Hamoir au niveau du bien-être.

Que répondez-vous aux accusations d’autoritarisme?

Oui, il y a des dossiers en cours, mais je ne suis pas un dictateur! J’essaie simplement d’être juste. C’est le devoir d’un commandant de zone de veiller à ce que les pompiers travaillent dans le respect du code d’éthique et des valeurs. C’est aussi mon travail. Je suis là pour ça.

À lire dans L'Avenir Huy-Waremme de ce lundi, sur tablette, smartphone ou PC