La Commune d’Aywaille aimerait redémarrer l‘abattoir d’Awan

La pénurie d’abattoirs touche aussi la province de Liège. La Commune d’Aywaille, avec le soutien des éleveurs du Condroz et environs, veut relancer l’abattoir local d’Awan.

sabine lourtie
La Commune d’Aywaille aimerait redémarrer l‘abattoir d’Awan
La Commune aimerait redémarrer le petit abattoir local d’Awan, fermé depuis 2020. Dans un projet de coopérative. ©Léva

Comme partout en Wallonie, la province de Liège souffre d'une pénurie d'abattoirs. C'est pourquoi la Commune d'Aywaille est occupée à monter un dossier pour relancer le petit abattoir bovin et ovin d'Awan (Aywaille) qui a fermé ses portes il y a deux ans. "Ce projet répond à une demande des éleveurs d'Ourthe-Amblève mais aussi du Condroz et du nord de la province du Luxembourg, qui n'ont d'autres choix que de courir jusqu'à Aubel, Saint-Vith, Ciney pour faire abattre leurs bêtes", explique Thierry Carpentier, bourgmestre d'Aywaille. Le but est aussi de promouvoir le circuit court et de faciliter la vie des plus petits exploitants, qui, de plus en plus, se diversifient. La pénurie des abattoirs est un problème qui va s'amplifier… "Il n'existe plus aucun abattoir de proximité dans la région. La fermeture de ce dernier petit outil local a été perçue comme une perte par la plupart des éleveurs de la région", indique le Ferrusien Christian Verdin, président de l'association régionale des éleveurs de bétail d'Ourthe-Amblève. Il est lui aussi impliqué dans le projet et sait bien de quoi il parle. "Je possède 210 bêtes limousines bio et je me suis lancé dans les colis de viande en circuit court, Aller jusqu'à Aubel pour l'abattage, ce sont des frais, de la logistique, un camion frigo, du temps…" L'avantage de ce nouvel outil, qui serait ouvert quelques jours par semaine? Il sera accessible à tous les éleveurs bovins et ovins (la volaille nécessite une filière spécifique), même aux petites structures et aux particuliers, qui ne possèdent que quelques bêtes. L'abattoir local prendrait aussi en charge les abattages d'urgence, ceux effectués quand une bête est accidentée et condamnée. "À notre connaissance, il n'existe plus en Wallonie d'abattoir qui traite ces cas, indique Christian Verdin. Les animaux souffrent ou doivent être euthanasiés sans possibilité pour l'éleveur de valoriser la carcasse. C'est une perte sèche. Il y a aussi la question de bien-être animal." Le mayeur aqualien évoque par ailleurs un moyen de lutter contre le gaspillage alimentaire. "Ce sont des produits de qualité qui se retrouvent à la poubelle. Un non-sens à l'heure actuelle."