Notre guide - On y "sent" le pain noir d’Hubert Krains

La rue Hubert Krains, à Les Waleffes, rappelle la carrière littéraire d’une des plus belles plumes qu’ait enfantée la Hesbaye, d’ailleurs omniprésente dans ses écrits.

Frédéric Renson
Notre guide  - On y "sent" le pain noir d’Hubert Krains
Michèle Baron (avec son petit-neveu) voue une passion pour l’auteur dont elle tient ici le chapeau dans la rue à son nom. ©Yves Bircic

Faimes n'est pas la seule commune à compter une rue en hommage à Hubert Krains. Waremme, Braives (Fallais) et… Schaerbeek laissent ainsi des indices sur les chemins empruntés par cet employé de la Poste au gré de ses promotions qui l'amèneront à de hautes responsabilités en Suisse avant de revenir dans notre capitale. C'est cependant ses talents d'auteur qui lui vaudront une telle notoriété. "Hubert Krains est né le 30 novembre 1862 à Les Waleffes, dans la rue du Bec, à côté de la ferme de mes grands-parents. Et j'ai moi-même passé mon enfance deux maisons plus loin. Après son décès à l'âge de 71 ans, les villageois ont pris l'habitude de déposer des fleurs dans une vasque accrochée à sa maison natale, tant ils étaient fiers de ses romans. Mais en vérité, ils étaient peu à les avoir lus. Conscient de cela, l'auteur s'en était d'ailleurs montré attristé de son vivant", évoque Michèle Baron, qui s'est prise de passion pour l'auteur. Non seulement la transmission orale de génération en génération l'a nourrie d'anecdotes à son sujet ("mon arrière-grand-père et lui se connaissaient"), mais la native de Les Waleffes possède aussi plusieurs objets acquis auprès des héritiers d'Hubert Krains dont un lavabo, une table de nuit, un lit et un chapeau frappé de ses initiales à l'intérieur. "J'attends que les autorités faimoises créent le musée Hubert Krains pressenti au presbytère pour leur confier tout cela." Y figureront également les cahiers de notes qui ont inspiré ses livres parmi lesquels Les amis, Figures du pays, Au cœur des blés et Le pain noir qui sera traduit en néerlandais par la sœur de van Gogh. "C'est son roman le plus connu, avec une intrigue qui se passe entre Les Waleffes et l'ancienne gare de Fallais, sur le site de laquelle j'habite. L'intrigue s'y terminera d'ailleurs par le suicide du héros sous les roues d'un train." Coïncidence malheureuse, Hubert Krains mourra lui aussi fauché par un train en gare de Bruxelles-Nord, le 10 mai 1934. Une fin accidentelle, celle-là.