Clavier: au tribunal, car il le traite de «sale pédé»

Un ancien employé d’une société de construction insulte un homosexuel de « sale pédé », à Clavier. « J’étais dans un état d’énervement. »

L.C.
 C’est sur un chantier à Clavier que le ton est monté entre l’ouvrier et le client mécontent.
C’est sur un chantier à Clavier que le ton est monté entre l’ouvrier et le client mécontent. ©© ÉdA – Jacques Duchateau 

Un homme originaire d’Olne et domicilié à Charneux (Herve) comparaissait ce jeudi matin devant le tribunal correctionnel de Huy pour incitation à la haine et à la discrimination. Alors qu’il intervenait dans le cadre d’un chantier à Clavier en avril 2021, il aurait tenu des propos homophobes envers un homosexuel et menacé par gestes son interlocuteur. Si les propos sont établis, les menaces par gestes ne le sont pas, a estimé le ministère public.

Le prévenu, qui travaillait pour le compte d’une société, se rendait à Clavier au domicile d’un client, un peu insatisfait, qui émettait des remarques à propos de certaines finitions et plus spécifiquement d’odeurs émanant des châssis, tout en pointant du doigt son incompétence. Sur place, le ton monte, semble-t-il, après que le prévenu ait fait remarquer que l’odeur proviendrait des animaux présents dans l’habitation. C’est alors qu’il téléphone à son employeur pour lui expliquer qu’on n’a pas besoin de lui sur place.

Le client insistant pour parler au patron, il lui tend le GSM et dit de manière maladroite: "Je te passe Monsieur ou peut-être Madame, je ne sais pas trop comment l’appeler" . La situation s’envenime, la partie plaignante, non présente à l’audience, déclarant que le salarié l’a ensuite insultée de "sale pédé" et a essayé de la frapper en courant après pour récupérer son téléphone. "Je le regrette, je l’ai traité de pédé alors que j’étais dans un état d’énervement, il m’appelait pour des futilités, disait que j’étais incompétent. Et je courais après pour récupérer mon GSM."

Si pour la procureure du Roi, les propos homophobes sont établis (car des témoins l’ont assuré), ce n’est pas le cas pour les menaces par gestes. "Courir après quelqu’un pour son GSM n’est pas une menace" , a-t-elle pointé. Elle a d’ailleurs réclamé l’acquittement pour cette dernière prévention et mis en évidence l’absence d’antécédents judiciaires chez le prévenu. "Monsieur a été largement puni par son licenciement pour faute grave, dont il subit encore les conséquences" , a-t-elle conclu.

S’appuyant sur la doctrine et la jurisprudence, le conseil du prévenu a réclamé l’acquittement pour les deux préventions, y compris pour les propos homophobes. "Ces propos ont été tenus dans une résidence privée , a-t-il d’abord argumenté. Monsieur n’a pas incité à la haine, il a tenu des propos malheureux et injurieux, on se situe donc dans une autre prévention." Tout en rappelant que son client avait été provoqué: "On est dans un contexte de dispute qui tourne mal.Est-ce que l’attitude de la victime est à ce point exempte de tout reproche?" , a-t-il demandé.

Jugement le 15 septembre.