Les deux porcheries, c'est non!

Le collège a rendu un avis défavorable aux deux projets de porcherie dans le village d'Odet initiés par Thomas Rulot et J-M et J-Ph. George.

Emmanuel Huet
Les deux porcheries, c'est non!
7153851 ©© EdA

La grogne des citoyens a-t-elle eu raison des deux projets de porcherie dont l'enquête s'est clôturée le 16 novembre? Ce lundi, les bourgmestre et échevins de Clavier ont rendu un avis défavorable aux deux projets de porcherie.

Une trentaine de dossiers ont été rentrés à l'administration pour chacune des deux installations. «Il s'agit de dossiers de réclamations fondés, reposant sur des normes et avec des recherches. Il ne s'agit pas véritablement de pétitions car, moi, je ne suis pas pour tout ça.» Philippe Dubois, le bourgmestre, n'a d'ailleurs pas participé à ce débat. Pour la simple raison qu'il était cité dans les dossiers des riverains mais aussi dans le dossier de base. Étant agriculteur et engraisseur de cochons dans le même patelin, les services communaux ont estimé qu'une participation du bourgmestre à la décision pourrait être considérée comme un vice de forme. «Quand il a fallu évaluer les nuisances dans l'environnement large, il a fallu tenir compte des élevages existants.» Et c'est à ce niveau qu'apparaissait l'exploitation du bourgmestre.

Outre celle du bourgmestre, on retrouve également entre Bois-et-Borsu et Les Avins, deux porcheries et une autre est en construction sur les hauteurs de Les Avins.

Le hasard du calendrier aura-t-il joué en défaveur des deux agriculteurs? On peut le penser. Un projet aurait pu passer, deux en même temps, c'est trop. «Le collège a tenu compte des élevages intensifs sur peu d'espaces. Il ne s'agit pas de critères qui peuvent être démontés d'un revers de la main.» Les échevins ont aussi tenu compte du charroi lié à ces nouvelles exploitations mais celui qui existe déjà. «Le charroi n'est pas adapté en plein village. Au niveau des odeurs, on pouvait s'interroger sur le fait qu'il n'y avait pas de plan d'épandage. Où allait donc aller le lisier? Et d'un côté comme de l'autre, on a tenu compte des parcelles non bâties et de la valeur immobilière de celles-ci. Ici, il s'agit d'un projet hors-sol qui vient handicaper la zone d'habitat.» Cet avis défavorable plombe sérieusement les deux dossiers. Maintenant, c'est à la Région wallonne de rendre un avis sur le dossier. Et au final, c'est le collège qui tranchera définitivement. «La décision finale pourrait aussi devenir un avis favorable conditionnel.» Le dossier n'est pas encore clos pour les deux agriculteurs mais il semble clairement mal embarqué. S'ils souhaitent préciser certains points, ils devront à nouveau, remonter un dossier et repasser par une enquête publique.