Deux porcheries en projet à Odet

Deux projets de porcherie sont actuellement soumis à une enquête publique. Certains riverains estiment que c'est excessif.

Emmanuel Huet
Deux porcheries en projet à Odet
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Deux projets de porcherie sou mis à une enquête publique, dans le même village et sur la même période, c'est suffisant pour faire réagir les riverains.

À Odet, village de la commune de Clavier, deux porcheries sont en attente actuellement : chez Tomas Rulot et chez Jean-Marie et Jean-Philippe Georges.

Ce type de projet est toujours accueilli avec réticence dans un village. Alors deux, on peut imaginer la méfiance des villageois. C'est le cas de Fabrice Moreau qui a mobilisé les troupes et qui focalise son attention sur les nuisances olfactives. Il regrette qu'il n'y ait pas eu d'étude d'incidence car les deux projets regrouperont un peu moins de 4 000 porcs.

Pris individuellement, chaque porcherie aura une capacité légèrement inférieure à 2 000 porcs. L'étude d'incidence n'est exigée qu'à partir de 2 000 unités. «Mais les deux porcheries seront distantes de 1 050 mètres.» Celle des Georges sera installée sur le versant vers Hoyoux, celle de Thomas Rulot sur l'autre versant (vers Méan).

Les riverains évoquent aussi les répercussions de l'épandage du lisier sur les nappes phréatiques. Mais il faut savoir que ces épandages sont limités, dans le temps, dans la quantité, et qu'ils sont strictement réglementés par une liaison au sol. «On craint que, le jour où ils vont épandre, on ne soit encerclé par les odeurs.»

«Pas dans les vents dominants»

Jean-Philippe Georges se veut rassurant. Il soutient que son projet ne polluera pas le village. «On est situé à 450 mètres au sud-est du village. On n'est donc pas dans les vents dominants. Les odeurs seront ressenties entre 148 mètres et 189 mètres maximum. Au-delà, impossible de sentir les odeurs. On va aussi planter des arbres pour réduire l'impact visuel.» Le jeune agriculteur rappelle aussi que cette porcherie est importante pour assurer la viabilité de son exploitation. «J'estime avoir le droit de développer mon outil de travail dans un contexte particulier qu'est celui de l'agriculture aujourd'hui.» Dans ce type de projet, c'est bien souvent l'industrie agroalimentaire flamande qui tire les ficelles. Une manière de travailler pas toujours appréciée au niveau local. «Dans notre filière, les aliments viennent de Wallonie et les porcs seront tués en Wallonie. Si j'arrive à trouver des naisseurs wallons, je ne demande pas mieux!» L'enquête se clôture ce mardi. Les riverains opposés au projet ont déjà entamé le porte-à-porte pour faire signer un texte. Une vingtaine de courriers pour chacune des deux porcheries serait déjà parvenue à l'administration communale.

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