Korange a retrouvé la scène mais pas (encore) son public

Korange a renoué avec la scène, ce samedi, pour 30 minutes de musique et de reprises du groupe Téléphone. Sensation rock garantie.

Caroline Viatour
Korange a retrouvé la scène mais pas (encore) son public
La prestation a été filmée et sera diffusée sur les réseaux sociaux et site internet du groupe Korange et du centre culturel de Braives-Burdinne. ©C.Vi

Après presqu'un an d'arrêt, l'énergie et l'engagement des musiciens y étaient, même si le public a brillé par son absence à la salle d'Avennes. Samedi soir, le groupe Korange était tiraillé entre plaisir de retrouver la musique live et frustration de ne pouvoir partager ça avec personne. «Ça fait plaisir et ça donne envie de beaucoup plus, j'espère qu'on pourra voir l'été autrement», confie Michaël Schouffler, le chanteur du groupe, à la fin du show. Une prestation inédite puisque, hormis le régisseur, la directrice du centre culturel et les vidéastes, personne n'était présent pour applaudir le groupe de rock qui l'aurait pourtant bien mérité. «Heureusement, il faisait un peu sombre dans la salle donc on pouvait croire que le public était là quand même. Juste une illusion», sourit le guitariste. Et pourtant tout était là, il ne manquait rien. Michael Schouffler à la guitare et au chant, Julien Renard pour la guitare et les chœurs, Salvatore Sanfilippo derrière sa batterie, Luc Ory à la basse. Les spots étaient allumés et crachaient une lumière blanche aveuglante. Les portes étaient grandes ouvertes, les affiches, les chaises rangées dans un coin de la salle et le bar était rempli. Seuls les distributeurs de gel hydroalcoolique avaient fait leur apparition. Voilà une salle qui se tenait bien sage.

Sans le savoir, Korange a peut-être joué son dernier concert avant des semaines. «On a déjà des contrats qui s'annulent, enfin, qui sont reportés, précise Michaël Schouffler. Normalement, pour la deuxième quinzaine du mois de mai, on devrait refaire un festival. Mais, avant ça, on nous a proposé des petites choses avec des publics de 50 personnes. Je ne sais pas si ça pourra se faire mais on préfère y croire.»

L’envie de bouger

Revivre un concert après des mois de silence, c’était comme reprendre sa vie là où on l’avait arrêtée. Les premiers accords de guitare résonnent dans la salle et déjà, le cœur s’emballe. Le chanteur débite les textes de Jean-Louis Aubert d’une précision admirable avec une présence scénique engagée. Ça donne envie de bouger aussi, de balancer les bras, de danser. Il manque une touche de folie et de lâcher-prise à la prestation. Alors, c’est le pied seulement qui tapera au rythme des beats. L’ambiance des salles de concert manque et les lives en streaming ne remplaceront jamais le réel. Alors, on prend conscience de l’importance de profiter du moment présent et on se met à éprouver une nostalgie particulière, en repensant aux soirées d’avant. C’était un autre monde…

Pas de rappel

Après 30 minutes, il est déjà temps pour Korange de finir le show. L'ivresse et l'excitation n'auront pas accompagné la fin de soirée et Michaël Schouffler sera reparti avec un goût de trop peu en bouche: «Les gens ont envie d'aller voir des concerts, de sortir, de se nourrir de culture. Il est temps à nouveau.» Justement, c'est le dernier titre interprété par les musiciens: «Il est temps à nouveau, oh temps à nouveau, de prendre le souffle à nouveau.» Korange aura donné de la voix et les personnes présentes en auront pris plein les oreilles. Fin de l'histoire? Bien sûr que non.

Retrouvez toutes les prestations du groupe sur la page Facebook: Korange joue Téléphone ou sur le site internet www.korange.net