Braives: dans l’immensité du Taklamakan

Roman initiatique, introspectif, d’aventure, « Taklamakan », de Michel Hellas, révèle entre les lignes une quête d’absolu et d’identité.

Nathalie BOUTIAU
 C’est le premier roman de Michel Hellas.
C’est le premier roman de Michel Hellas. ©ÉdA

Il n’existe pas de plus belle manière d’exister que celle qui nous révèle à nous-même et aux autres, nécessairement. Dans son premier roman Taklamakan , Michel Hellas touche à ce thème ultime parce qu’existentiel. L’immensité du désert – le Taklamakan, situé à l’ouest de la Chine – rejoint ici notre immensité intérieure qui plus que de hurler, murmure. L’instabilité de ses sables rappelle notre propre inconstance et donc, notre recherche d’identité, surtout quand elle est double. C’est là que pourrait se situer le cœur de l’intrigue d’un récit qui mêle différentes destinées. Celle d’un linguiste à la double identité parti à la recherche d’une civilisation perdue (les Tokhariens); celle d’une ancienne "marines", cobaye malgré elle d’un médicament qui la plonge dans une détresse psychique; celle enfin d’un juriste pour une firme pharmaceutique qui se révèle être un agent infiltré de la CIA. De Louvain-la-Neuve à l’immense désert du Taklamakan en passant par New-York ou encore l’institut tibétain de Huy, les protagonistes, ici, tissent le fil d’une histoire qui captive. Roman d’aventure, car il faut le nommer, Taklamakan révèle surtout une quête d’absolu ou peut-être de spiritualité. Les thèmes, bien que pluriels, convergent vers un seul et unique: la recherche de reconnaissance. Sous-jacents, ou inclus, d’autres thèmes plus discrets comme l’altérité, le sentiment de culpabilité, omniprésent ou encore, la dualité. Journaliste à la RTBF pour l’émission Au nom de la loi et commentateur de la politique internationale, Michel Hellas a aussi été conteur. "J’ai toujours raconté des histoires, glisse le Braivois, j’aime cela. Mais dans le journalisme, on ne peut pas tout s’autoriser car on s’appuie sur le réel. Ici, ça change car il y a plus de liberté." Ce pas de liberté, il l’a franchi en mêlant aux faits ancrés dans la réalité historique, une fiction romanesque où la narration se confond avec une introspection des personnages, sous-tendue au récit. N’est pourtant pas conteur qui le veut. Il faut, pour cela, avoir beaucoup vécu, ressenti et peut-être aussi avoir le goût du voyage. Trois caractéristiques que possède indéniablement Michel Hellas.