Berloz: les employées du CPAS sont-elles en danger ?

Les réfugiés reconnus ont deux mois pour trouver un logement privé. C’est très peu ! Alors, ils deviennent de plus en plus agressifs envers les employées du CPAS qui s’en plaignent.

Anne JACQUEMIN
 Alain Happaerts a interpellé Luc Vandormael sur cette problématique.
Alain Happaerts a interpellé Luc Vandormael sur cette problématique. ©ÉdA – 40757130543 

À Berloz aujourd’hui, le nerf de la guerre pour un réfugié est le logement. "Fedasil ne donne plus que deux mois aux personnes réfugiées, reconnues, pour trouver un logement privé", explique Alain Happaerts, président du CPAS. Normalement, la démarche de chercher un logement doit être entreprise par les réfugiés eux-mêmes. "Or, c’est impossible pour eux de le faire, à cause déjà de la différence de langues. La grosse majorité d’entre eux ne parle pas un mot de français." Alors, ce sont les assistantes sociales qui s’en chargent. "Et elles aussi n’ont que deux mois pour leur trouver un logement privé." Elles sont d’ailleurs de plus en plus stressées. "Les réfugiés reconnus ont vraiment du mal à se loger. Quand les propriétaires apprennent que ce sont des réfugiés et, qu’en plus, elles ne parlent pas la même langue, alors les problèmes se posent. Certains propriétaires refusent de louer leurs biens." Berloz n’a pas d’agence immobilière sociale. La politique de la majorité IC, cependant, n’est pas de mettre les réfugiés dehors. Quand ils arrivent sur le sol belge, pour être reconnu officiellement, une bien longue procédure est lancée. "Ils sont alors en droit d’occuper des logements mis à disposition par les Initiatives locales d’accueil, les ILA. Mais, en fin de procédure, lorsqu’ils sont reconnus, ils sont alors comme les Belges en droit de recevoir un revenu d’intégration sociale, et ont deux mois pour trouver un logement." Normalement, à ce moment-là, ils doivent quitter les ILA. "Les assistantes sociales reçoivent souvent leur visite. Et lorsqu’elles ne leur trouvent pas de logement, ils peuvent devenir de plus en plus agressifs." Du coup, les assistantes sociales sont de plus en plus fatiguées et deviennent, elles aussi, agressives. Elles ont donc fait part de leur mal-être au président du CPAS, qui ne veut pas de cette agressivité. Alain Happaerts a donc interpellé Luc Vandormael, le président de la Fédération des CPAS, qui a promis de faire part de la situation non seulement à Fedasil mais également à la ministre de l’Intégration sociale, Karine Lalieux, afin de faire changer la situation.

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