Procès de Steven Di Salvo: "On n’a pas affaire à quelqu’un qui fond en larmes"

Le procès de Steven Di Salvo a débuté ce lundi matin. La cour d’assises de Liège a entendu le juge d’instruction et les policiers, pour refaire le fil de l’enquête.

 Steven Di Salvo a été entendu à plusieurs reprises par les enquêteurs et le juge d’instruction.
Steven Di Salvo a été entendu à plusieurs reprises par les enquêteurs et le juge d’instruction. ©BELGA 

C’est ce lundi qu’a débuté le procès de Steven Di Salvo, devant la cour d’assises de Liège. Le Berlozien de 30 ans est accusé d’avoir assassiné son ex-compagne, Jessika Oliveira De Melo.

Il était 14h20, le 22 juin 2020, lorsque les policiers de la zone de police de Hesbaye sont appelés pour se rendre rue de la station, 33 à Berloz. La maman de Steven Di Salvo vient de téléphoner pour signaler que son fils lui avait confié avoir tué sa compagne, Jessika Oliveira De Melo. "La porte d’entrée était fermée et les volets baissés, précise l’inspecteur. Nous accédons à l’arrière de la propriété par le jardin d’une voisine. Nous voyons des traces de sang qui vont vers le salon et la salle à manger et c’est là que nous apercevons le corps de la victime. Les épaules et la tête baignaient dans une mare de sang."

Une version des faits sincère

À côté du corps de la mère de famille, les enquêteurs présents sur place constatent une lame de 8 cm et le manche de l’autre côté du corps. Ils aperçoivent également un bic bleu ensanglanté. Lors de la reconstitution, Steven Di Salvo expliquera "lui avoir enfoncé dans les yeux pour ne plus qu’elle le regarde." Un détail "dont il aurait pu se passer, précise le juge d’instruction Jean-Marc Mottet. Ce qui laisse à penser que sa version des faits est sincère." Les policiers poursuivent la visite de la maison et découvrent également, à l’étage, neuf plants de cannabis. Sur la table de la salle à manger, différents documents faisant écho à leur séparation sont également repris par les autorités judiciaires et policières. Enfin, ils ne notent pas de traces de désordre ou de lutte.

Le même jour, vers 23h, Steven Di Salvo est auditionné pour la première fois. "Il était très calme, voire amorphe. Il n’y a pas eu de vive réaction", se remémore l’inspectrice. Un trait de personnalité également relevé par le juge d’instruction qui a entendu l’accusé le lendemain. "Il est très neutre, très passif. On n’a pas affaire à quelqu’un qui fond en larmes ou qui déborde de remords. Il prend même difficilement conscience de ce qu’il a fait. Il m’a d’ailleurs confié qu’il n’avait pas le sentiment que c’était lui qui avait fait ça", rappelle Jean-Marc Mottet. Si la question de la culpabilité ne fait aucun doute puisque le Berlozien de 27 ans au moment des faits est en aveux, se pose tout de même la question de la préméditation. "C’était un acte volontaire mais je n’avais pas d’indice sérieux pour dire qu’il s’agissait ou non d’une préméditation."

Deux questions en suspens

Au terme de la reconstitution et des différents éléments relevés tout au long de l’enquête, il demeure deux points d’interrogations. Steven Di Salva a toujours soutenu avoir perdu pied au moment où son ex-compagne lui dit vouloir aller vivre au Brésil avec les quatre enfants du couple. Il aurait alors attrapé le couteau qui se trouvait sur la table pour la poignarder. "Dans les documents retrouvés dans la maison, il est précisé sur l’un des cahiers les modalités qui fixaient la garde des enfants, précise le juge Mottet. Il était inscrit “ interdiction de partir du pays ”. Le couple semblait s’être entendu sur la question." De même, la question se pose concernant le couteau. L’accusé a toujours soutenu qu’il se trouvait déjà sur la table lorsqu’il l’a attrapé car son ex-compagne l’avait utilisé pour faire des poubelles. "Je regrette de ne pas lui avoir posé la question au moment de la reconstitution, confie le juge d’instruction devant la cour d’assises de Liège. Je ne vois pas pourquoi elle aurait dû utiliser un couteau pour ça. Je pense que ce sera une des questions à poser."

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