Amay: une fiction avec sainte Ode et l’ex-mayeur Ramoux pour s’émouvoir du sort du Prieuré

Des opposants au projet du Prieuré d’Amay font dans l’originalité avec un petit film mettant en scène deux personnages historiques pour sensibiliser les autorités locales qui vont devoir décider de l’octroi du permis au Groupe Horizon.

Frédéric Renson
 Sainte Ode (Laurence Ancion) et Joseph Ramoux (Jean-Louis Matagne) resurgissent du passé pour s’opposer au projet immobilier visant à raser le Prieuré dans le centre d’Amay.
Sainte Ode (Laurence Ancion) et Joseph Ramoux (Jean-Louis Matagne) resurgissent du passé pour s’opposer au projet immobilier visant à raser le Prieuré dans le centre d’Amay. ©doc

"Le Prieuré. Un avenir pour notre passé ?" Tel est le titre donné à un petit film de 5 minutes que vient de mettre en ligne une poignée de défenseurs du patrimoine amaytois rassemblés dans le groupe informel "Les amoureux du Prieuré d’Amay". Pour rappel, le Groupe Horizon souhaite raser le Prieuré pour y construire 51 logements et une maison médicale. Et la procédure devant mener à l’octroi ou pas du permis a repris (après retrait du "premier" permis accordé par le collège communal suite au rapport de l’auditeur instruisant le recours alors introduit au Conseil d’État).

Ce film met en scène deux personnages historiques d’Amay avec sainte Ode (fondatrice de la première église chrétienne) et Joseph Ramoux, le bourgmestre de 1848 à 1854 qui vécut dans la maison canoniale située sur le site du Prieuré et fut inhumé à deux pas de là. Le scénario imaginé par Michel Robert montre l’ex-mayeur implorer l’aide de sainte Ode face au projet immobilier en cours. "Le but est purement constructif. On ne s’attaque à personne mais au projet qui ne nous convient pas, insiste Jean-Louis Matagne qui campe le rôle de Joseph Ramoux (sainte Ode étant jouée par Laurence Ancion). On prend d’ailleurs la précaution de ne pas explicitement faire allusion au collège communal même si l’objectif est de sensibiliser les décisionnaires. Je suis conscient que tout le monde souhaite voir ce chancre disparaître. Mais, on aimerait bien leur faire comprendre qu’ils doivent refuser le permis pour ne pas que soit parachuté un projet immobilier en contradiction avec la mémoire du lieu. On n’est pas opposé à ce que le promoteur fasse du profit, mais ce projet-là n’a pas sa place au Prieuré."

« En décalage pour éviter l’affrontement »

Quant à la forme fictionnelle et inhabituelle choisie pour montrer son opposition à un projet, Jean-Louis Matagne y voit un atout. "Ce décalage permet d’éviter l’affrontement. Nous comprenons parfaitement la difficulté devant laquelle le collège se trouve. On prend du recul. En dehors des aspects purement techniques du débat, on essaie de le placer au niveau philosophique et de l’esprit. Suite à la diffusion de la vidéo, on m’a déjà reproché de faire parler des morts. Mais la fiction permet cela et ce qu’y dit Joseph Ramoux est en parfaite concordance avec ce qu’il a fait durant son mayorat pour le patrimoine amaytois. Il s’était par exemple opposé à la vente de la châsse de sainte Ode par le curé de l’époque qui voulait s’offrir une chaire de vérité et restaurer les orgues."

À titre individuel, Jean-Louis Matagne s’est, dans le même esprit, fendu d’une lettre adressée notamment aux membres du collège. Il trempe sa plume dans l’encrier de Ramoux s’adressant à ses successeurs pour rappeler l’enjeu de concilier l’esprit du lieu et les légitimes intérêts du promoteur.

amoureuxprieureamay@gmail.com

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