Des poupées qui racontent une histoire

Plasticienne, Dominique Renard a confectionné 300 poupées pour le théâtre. Elle les entrepose chez elle à Stockay avec un projet de musée sur place.

Nathalie BOUTIAU
 Depuis deux ans à Stockay, Dominique Renard projette d’ouvrir un musée où exposer ses poupées pour le théâtre.
Depuis deux ans à Stockay, Dominique Renard projette d’ouvrir un musée où exposer ses poupées pour le théâtre. ©ÉdA

Félix, Madame Henrotte l’institutrice, Arthur et sa sœur, un perroquet, une mariée. Les poupées de Dominique Renard sont uniques. Créées pour le théâtre, elles racontent toutes une histoire singulière que vous devinez, presque, en les regardant dans les yeux avant que leur silhouette ne vous happe. On croirait même qu’elles sont vivantes ! Et pour cause, c’est en regardant ses voisins, les gens de la rue, en observant leurs allures, leurs démarches, leurs corps que la désormais Saint-Georgienne imagine la forme de ses poupées. Et puis seulement après, en fonction de la pièce de théâtre où elles seront utilisées, elle les nomme. "Je commence par faire le visage avec des pulls que je sculpte, indique la plasticienne. Et puis je couds les yeux, la bouche avant de recouvrir le tout d’un filet." Dominique Renard utilise aussi des tubes de chauffage, des vieux coussins, de la frigolite et toutes sortes d’étoffes. Tout matériau oublié, vieilli ou blessé par le temps qui passe entre ses mains est ainsi transformé pour que jaillisse une forme humaine ou animale de 3 ou 4 centimètres à 2 mètres, selon les besoins du théâtre. Et alors, elles racontent leurs histoires émouvantes ou drôles, dramatiques, jamais banales. "Chaque poupée est comme une aventure, confie Dominique. Je cherche à ce que ce qui émane d’elle soit en accord avec moi, avec mon âme. Je m’inspire aussi de notre condition humaine, je mets en scène l’être humain dans ses aspects étonnants ou étranges."