Des bodycams pour les policiers hutois

La Ville de Huy compte acheter une vingtaine de bodycams pour les policiers hutois afin de renforcer leur sentiment de sécurité.

Frédéric Renson
 La zone de police de Huy va être dotée d’une vingtaine de bodycams que les agents pourront embarquer en intervention. Arrivage espéré en fin d’année.
La zone de police de Huy va être dotée d’une vingtaine de bodycams que les agents pourront embarquer en intervention. Arrivage espéré en fin d’année. ©ÉdA – Archives 

De plus en plus de zones de police songent à doter leurs hommes de bodycams. Les procédures d’acquisition sont ainsi déjà en cours sur les zones Hesbaye-Ouest et du Condroz, sur l’arrondissement de Huy-Waremme. Ce mercredi, le collège communal de Huy a, à son tour, décider d’enclencher la manœuvre pour une dépense de l’ordre de 30000 € qui devrait permettre d’équiper les policiers hutois d’une vingtaine de caméras à porter sur leur uniforme en intervention. "J’ai évidemment pris le pouls auprès de collègues qui sont déjà équipés et notamment à la zone de police de Namur considérée comme un modèle en la matière, confie Jean-Marie Dradin, le chef de corps de la zone de police de Huy. L’objectif est de renforcer le sentiment de sécurité de nos agents en intervention car ils sont de plus en plus souvent confrontés à des interventions violentes, que cela soit en paroles ou en actes. D’autre part, filmer une intervention permettra de démontrer la qualité du travail effectué par nos équipes si celles-ci devaient faire l’objet de plaintes.De plus, dans le cadre d’une intervention à caractère judiciaire, la vidéo réalisée constituera un élément de preuve pour la Justice."

L’intervention avec mort d’homme à Tihange a encouragé l’investissement

De l’aveu même du chef de corps, l’intervention avec mort d’homme de l’été dernier à Tihange a constitué un boost dans la motivation à se doter de bodycams. "La situation était déjà claire.Mais si les policiers avaient été équipés de bodycams lors de cette intervention, elle aurait encore été plus claire, souligne Jean-Marie Dradin qui table sur l’acquisition de 20 à 25 dispositifs. Il s’agira d’un équipement collectif à disposition aussi bien des équipes d’intervention que des inspecteurs de quartier et des motards de notre zone. Chacun sera libre de porter ou non une bodycam sur le terrain.Et à son retour, il la remettra en charge pour l’utilisation éventuelle par un autre collègue."

Au mieux, les policiers devraient pouvoir être équipés de bodycams en fin d’année. "Je dois faire une étude de marché dans le cadre d’un marché public traditionnel, et le point devra encore être voté par le conseil communal.Il me faut également me concerter avec les syndicats même si le sujet a déjà été abordé en interne à plusieurs reprises et sans susciter une levée particulière de boucliers. Bien sûr, et cela s’est vérifié dans les zones déjà équipées, il y a chez certains une petite réticence au début en y voyant un outil de contrôle de la part de la hiérarchie.Mais, cela n’est absolument pas le but d’un tel investissement.Il y a une réelle plus value pour la sécurité de nos hommes."

Du côté des autorités politiques locales, on partage le même avis. "L’utilisation d’une bodycam est une mesure visible qui, et c’est démontré, permet à elle seule de désamorcer des situations tendues, estime Éric Dosogne, bourgmestre ff de Huy. Rien que cela permet de justifier leur acquisition.C’est une bonne chose pour nos policiers."