Il y a dix ans, un hélicoptère s’écrasait en plein cœur de Huy

Il y a tout juste dix ans, un hélicoptère s’écrasait au centre de Huy, percutant les fils du téléphérique et brisant la vie de deux familles.

Catherine DUCHATEAU
 L’hélicoptère avait sectionné un des câbles puis avait été projeté au sol, juste en face de l’institut Saint-Louis. Il avait alors pris feu.
L’hélicoptère avait sectionné un des câbles puis avait été projeté au sol, juste en face de l’institut Saint-Louis. Il avait alors pris feu. ©archives Heymans

C’était un vendredi soir, vers 18h.C’était il y a tout juste dix ans, le 6 avril 2012. Ce soir-là, un hélicoptère s’écrasait en plein cœur de Huy après avoir touché un câble du téléphérique. À bord de l’appareil, le pilote namurois Jean-Yves Dantinne qu’accompagnait le photographe hutois Lorent Matagne, occupé à prendre des vues aériennes de sa ville. L’hélicoptère volait à très basse altitude, le pilote s’est alors dirigé vers le rond-point Saint-Remy où il a fait un vol stationnaire en dessous des câbles du téléphérique situé à 90 mètres de haut. L’hélicoptère a alors malheureusement sectionné un des câbles et a été projeté au sol. Ne laissant aucune chance aux deux occupants.

Depuis dix ans, il est régulièrement question du téléphérique. À chaque nouveau débat, les images de l’accident reviennent en mémoire. Car la Ville de Huy a pris le parti de le faire reconstruire. De réparer les dégâts et de partir sur de nouvelles cabines, un aménagement des différentes stations aussi. Où en est-on? » Le dossier de restauration suit son cours », explique le bourgmestre f.f. Éric Dosogne. Avec quelques difficultés dues notamment le remplacement d’un des pylônes. Les pylônes sont en mauvais état, ce qui n’avait pas été détecté au début du projet. L’état de corrosion a dû faire l’objet d’une expertise. Deux pylônes doivent être renforcés, le troisième doit être remplacé. Et cette corrosion va alourdir la facture mais aussi reporter la mise en service du nouveau téléphérique. »On pense toujours le lancer pour la prochaine saison touristique », celle de 2023 donc.

Un choix politique

N’aurait-il pas été plus simple, et moins coûteux, de ne pas remplacer le téléphérique? « Ça a été un choix politique. Le téléphérique n’est pas nécessaire mais c’est une opportunité pour le développement touristique de la ville. »Et le bourgmestre d’expliquer la vision du collège: »les gens reviennent aux fondamentaux, ils plébiscitent le tourisme de proximité, local. Il faut que Huy trouve sa place dans le tourisme de courte durée. On n’est pas dans du tourisme de long séjour mais deux ou trois nuitées. En passant la nuit à Huy puis en allant visiter les châteaux du Condroz ou en se baladant en Hesbaye. Il y a moyen de rayonner autour de Huy. »

Le bourgmestre et la majorité hutoise y croient. Huy peut prendre une place de ville touristique. »Les opérateurs de croisière l’ont compris car ils font une escale à Huy. » Huy pourrait ainsi développer un tourisme tel que celui de Durbuy jusqu’il y a peu… « Aujourd’hui, Durbuy mise sur une autre clientèle prête à débourser 10 € pour un café alors qu’à Huy, on peut attirer Monsieur et Madame Tout le monde. » C’est pour ça que la cité mosane a voulu relancer son téléphérique. Malgré le coût des travaux…

MAIS ENCORE

Pas des sommes faramineuses

Les assurances ont-elles permis à la Ville de Huy de réduire la facture liée aux travaux de restauration du téléphérique? «En termes d’assurance, tout est réglé, poursuit le bourgmestre f.f. Éric Dosogne. Mais il n’y a pas eu des sommes faramineuses.» Simplement parce que tout est fonction de la taille de l’aéronef. «Si cela avait été un 747, on aurait eu beaucoup plus. C’est assez paradoxal car on ne tient pas compte des dégâts mais de la taille de celui qui a percuté.» La Ville a ainsi touché 1,2 million d’euros des assurances. Et qu’en est-il du coût des travaux pour réparer les pylônes, remettre en état les deux stations et installer de nouvelles cabines? «Une bonne dizaine de millions.»

Qui paiera le surcoût?

Qui paiera le surcoût dû aux traces de corrosion découvertes sur les pylônes et au remplacement d’un des trois? «On a demandé un complément au CGT, le commissariat général au tourisme, explique le bourgmestre f.f. Éric Dosogne. On devrait avoir une oreille attentive à notre demande.» La Ville aura néanmoins un pourcentage à débourser. «Globalement, la moitié sera prise en charge par la Ville.» Et le bourgmestre ajoute : «ça reste néanmoins un investissement qui va attirer les touristes. Qui va les ramener à la station haute.» Et avec l’esplanade Batta, dont les travaux viennent de commencer, tout permettra aux touristes de passer un bon moment en bord de Meuse avant de prendre le téléphérique jusqu’à la Sarte, avec un arrêt au fort.

Une cabine rouge toujours présente

Le nouveau téléphérique aura de nouvelles cabines. Ce ne seront plus les deux petites cabines rouges qui transporteront les touristes de la rive gauche jusqu’à la rive droite. Il en reste cependant toujours une, placée au milieu du rond-point à la sortie de la bretelle du pont de l’Europe, derrière le centre culturel. Comme un ultime rappel de ce fleuron du tourisme hutois d’autrefois…