Loïc Nottet: «J’aimerais vivre dans une forêt, isolé de tout le monde»

Un peu moins d’un an après avoir remporté Danse avec les stars (DALS) sur TF1, Loïc Nottet est sorti de l’ombre fin octobre avec un single – Million Eyes – annonciateur d’un album pour le printemps prochain. En interview, l’ex-candidat de The Voice et de l’Eurovision ne cache pas son enthousiasme.

Marc Uytterhaeghe

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Loïc, il y vait une pression sur vos épaules avant que ce single ne sorte?

Oui, quand même, car j’ai préféré m’éclipser pour tout préparer au mieux plutôt que de revenir plus tôt avec quelque chose dont je n’étais pas trop content. Du coup, l’attente des gens a grandi, donc cela m’a fait peur…

Vous l’avez ressentie comment, cette attente?

J’ai eu beaucoup de messages de gens sur Facebook qui me disaient qu’il fallait que je travaille. Cela m’a fait mal parfois, parce que franchement, je n’ai pas arrêté. Mais c’est vrai que cela ne va pas aussi vite car j’ai décidé de tout faire moi-même.

Vous avez eu aussi besoin de vous isoler après votre victoire à DALS?

Durant Danse avec les stars, je ne suis pas arrivé à composer. J’ai dû rentrer à la maison, me couper du monde, regarder des films, refaire mes petites soirées à la maison… Cela m’a permis de retrouver l’inspiration.

Comme coauteur, vous avez collaboré avec Amy Morray. Vous pouvez nous en dire un mot?

Amy est une jeune auteur belge, qui a déjà collaboré avec Alexandre Germys. Elle est parfaite bilingue car ses parents sont anglophones. Je lui disais dans cette chanson-là, je veux parler de ça, là je veux ça… Et elle, elle a tout mis en forme. J’avais envie de prendre quelqu’un de pas très connu et de lui permettre, avec ma toute petite notoriété, de faire son métier.

Le clip est très dépouillé…

Oui, car je voyais vraiment Million Eyes comme une mise à nu. Et si j’ai choisi le noir et blanc, c’est parce que cela me permettait de me fondre dans le décor et d’être effacé pour finalement revenir à la couleur sur la fin, stade où l’on a dépassé les jugements. J’aimais cette symbolique.

«Million eyes», parle de la différence. Est-ce aussi une référence aux millions d’yeux braqués sur vous après votre victoire à DALS?

(sourire) C’est marrant car beaucoup de journalistes font ce rapprochement. À la base, Million Eyes parle de quand j’étais dans la cour de récréation et que l’on se moquait de moi parce que je préférais la danse au foot, ou parce que ma voix fluette détonnait. Mais ce rapprochement avec DALS n’est pas faux. Car plus on est vu par des gens, plus on est critiqué.

C’est quelque chose de difficile à vivre, cette notoriété?

Ce qui est cool, c’est que je suis myope, donc je dois porter des lunettes. Et comme je suis fainéant, je n’aime pas me coiffer et donc je mets une casquette. Donc avec ça, peu de gens me reconnaissent en rue. Cela m’aide bien. Je peux être très vite mal à l’aise quand je me sens regardé. Mais en même temps, c’est une forme de reconnaissance de la part des gens. Cela veut dire que je les ai touchés.

On a pu vous voir où alors, cet été?

La seule sortie que je me suis autorisée, c’est d’aller quelques jours à Londres avec des potes. Et puis je suis souvent allé au cinéma. Je tire beaucoup mon inspiration de films. Parfois, je vais au cinéma seulement pour écouter la bande originale. J’aime beaucoup Danny Elfman (NDLR: compositeur attitré de Tim Burton) et Hans Zimmer (NDLR: Rain Man, Le roi lion…). Le thème d’Alice au pays des merveilles de Danny Elfman m’a donné des frissons. J’aime aussi beaucoup la B.O . de Interstellar. Je pense que tout ça se ressentira dans l’album. Je l’ai d’ailleurs construit comme un film. Ce ne sera pas juste une succession de titres.

Vous êtes étonné de l’accueil en Flandre? Vous avez fait récemment une télé en prime où vous avez été reçu comme une star…

Je suis étonné parce que je ne connais pas beaucoup le public flamand. Ils avaient bien accroché sur Rythm Inside et je m’étais dit que comme Million Eyes était une ballade, ça marcherait moins mais finalement, j’ai l’impression qu’il y a un intérêt. Tant mieux si on peut avoir des artistes nationaux, c’est cool!

On sait que vous aimez beaucoup l’enfance et que vous n’avez pas envie de grandir. En avril dernier, vous avez eu 20 ans…

Oui… Quelle malédiction! (sourire) J’ai vraiment du mal… Je redoute le mois d’avril qui revient pour mes 21 ans. J’ai envie de rester un gosse. D’ailleurs, dans l’album, on ressentira des influences enfantines.

C’est pour ça que vous vivez encore chez vos parents?

(rires) Non, ça, c’est juste pour une question de budget. Mais je crois que je vais bientôt les quitter. J’aime beaucoup la solitude. Mais la difficulté, c’est que comme je chante beaucoup la nuit, j’ai besoin d’une habitation assez isolée. J’aimerais bien vivre en plein milieu d’une forêt, isolé de tout le monde.

À l’issue de Danse avec les stars l’an dernier, la chorégraphe Marie-Claude Pietragalla avait enjoint Loïc à poursuivre la danse plutôt que la musique. «Mais quand elle a écouté Million Eyes, elle m’a dit de faire les deux, rigole Loïc. Je vais continuer à mêler les deux. Dans le show, je vais mettre de la danse le plus que je peux. Je ne vais pas renier qui je suis. C’est quelque chose d’excitant.» Loïc avoue ne pas avoir hésité à poursuivre la musique. «J’aime vraiment bien chanter. Et le fil conducteur de tout ce que je fais, c’est toujours la musique.» Loïc avoue ne pas avoir trop regardé la nouvelle saison. «J’ai juste regardé les prestations de Denitsa parce qu’elle m’a demandé mon avis. Sinon, j’ai bien aimé la prestation d’Artus lors du 1er prime.» Le verra-t-on bientôt sur le plateau? «Je dois de toute façon y aller pour remettre le trophée. Après, est-ce que je vais y aller pour chanter et/ou danser? On en discute.»