La faïence de Thulin sort de l'oubli

La Maison de la poterie sort la faïence de Thulin de l'oubli. Une expo lui est consacrée jusqu'au 3 octobre, les mercredis, samedis et dimanches.

La faïence de Thulin sort de l'oubli
11852758 ©© D.R.

La faïencerie de Thulin, dans la région montoise, fait un peu figure d'oubliée parmi les faïenceries hennuyères. Sans doute la disparition des archives relatives à son activité et, par conséquent, l'absence de publications, expliquent-elles cette regrettable discrétion. Mais grâce à une exposition qui se tient en son sein jusqu'au 3 octobre, la Maison de la poterie de Bouffioulx contribue à réparer cet oubli.

Quelque 180 pièces balaient l'ensemble de l'activité de la faïencerie, de 1887 à 1971. Elles ont été prêtées par trois passionnés, Willy et Sonia Van Ransbeek-Vanderschelde, ainsi que Philippe Liévin, qui ont aussi apporté leur expertise pour concevoir l'exposition et son remarquable catalogue qui devrait constituer un premier ouvrage de référence pour les amateurs.

« C'est surtout la manière de glacer les pièces qui est la marque de fabrique de la faïencerie, explique Willy Van Ransbeek, collectionneur depuis vingt ans. On faisait couler des émaux de couleurs différentes de haut en bas, ce qui donnait des résultats surprenants. Les formes étaient souvent plus audacieuses, moins conformistes que celles des autres faïenceries. Et puis, Thulin, c'était la faïence de Monsieur tout le monde. Ce n'était pas le cas de Boch, par exemple. Thulin, c'était plus pour le peuple. » La faïencerie a connu trois périodes d'activité. La période de Victor Ducobu et de ses enfants, qui s'est achevée en 1920, se caractérise par des majoliques finement ouvragées, formées de motifs végétaux et d'oiseaux, aux coloris subtils. Les formes et les anses sont très travaillées. Ces réalisations témoignent du savoir-faire et de l'habileté du céramiste. La faïencerie se spécialise ensuite dans les coloris dégradés dus aux coulées d'émaux. Les modèles deviennent plus classiques, les objets plus diversifiés.

Hélas, l'entreprise s'essouffle au lendemain de la Seconde Guerre mondiale. En cause, le manque d'inspiration, la perte de compétitivité et, surtout, la concurrence du verre et du plastique. La société, qui a employé jusqu'à 150 personnes dans les années 60, est mise en liquidation en 1971.

S'il ne reste rien des anciens bâtiments, la production de la faïencerie de Thulin a traversé les âges. Selon Willy Ransbeek, il existe entre 2 200 et 2 300 modèles différents qu'il tente de rassembler, patiemment, avec son épouse. Par pour eux seuls : ils partagent leurs informations par le biais d'un petit journal intitulé Les Amis de la faïencerie de Thulin, consultable, notamment, sur le site web de la commune d'Hensies. « Ceux et celles qui sont intéressées de partager leurs informations sur la faïencerie de Thulin peuvent se manifester », insiste Willy Van Ransbeek.B.W.