Décès de Ciena, 3 mois, à la crèche Dourlet à Charleroi: une remise et une possible requalification des faits

Les explications et contradictions fournies par les trois prévenues, ce mercredi matin lors de l’instruction d’audience, laissent perplexe le tribunal correctionnel de Charleroi.

L.C.
Le président de la cour d'assises du Hainaut procède, toute la journée de lundi, à l'interrogatoire des six personnes accusées de torture envers deux personnes vulnérables,
©Photonews

Le 9 mai 2016, Enio et Larissa n’ont pas retrouvé leur petite Ciena en fin de journée à la crèche. La petite fille âgée seulement de 3 mois, qui y effectuait son neuvième jour, y est décédée.

Les parents endeuillés ont rapidement émis des soupçons quant à un possible manque d’attention de la part de certains membres du personnel. Il semble que l’enfant n’avait pas fait l’objet de l’attention toute particulière qu’il méritait en raison de son jeune âge et de sa fragilité (Cenia connaissait des problèmes de régurgitation).

Encore plus de questions après l’instruction d’audience

Plus de six ans après ce drame, trois puéricultrices sont poursuivies pour non-assistance à personne en danger. Après avoir connu une première remise en septembre dernier, il était normalement prévu que le dossier soit enfin examiné dans son intégralité ce mercredi 11 janvier. Mais l’insoutenable épreuve du passage devant la justice, pour les proches du nourrisson décédé, est rallongée de quelques mois. À l’issue d’une instruction d’audience où Sandrine, Lintia et Delphine se sont contredites, ont fait preuve d’une forme de mémoire sélective ou d’un soudain changement de version par rapport aux déclarations fournies à la police, le tribunal correctionnel de Charleroi s’est retrouvé encore plus submergé de questions et a décidé d’une remise.

Durant plus de deux heures, les trois femmes sont revenues sur le déroulement de la funeste journée. À 10h45, Ciena a bu un biberon, n’excédant pas 80 ml alors qu’elle était censée boire 180 ml toutes les trois ou quatre heures. À 13h, après des pleurs, la petite s’est endormie allongée sur le ventre pour ne plus jamais ouvrir les yeux. Les secours ont été appelés peu avant 16h.

Sandrine, considérée comme la puéricultrice la plus expérimentée des trois et donc la supérieure, nie être celle qui a posé Ciena sur le ventre dans son lit. Pourtant, Lintia et Delphine l’accablent, affirmant même que Sandrine a dit que c’était "pour que la petite dorme plus facilement" et contre les recommandations rejetant cette pratique.

Aucune des trois prévenues ne semble s’être préoccupée de l’état de santé de Ciena, qui a passé cinq heures sans être réveillée pour boire et pour manger (alors qu’il faisait particulièrement chaud en ce 9 mai 2016). En outre, un drap avait été posé sur le dessus du lit "pour créer une certaine forme de pénombre", comme l’avait reconnu Lintia dans son audition.

Une possible requalification des faits

Avec tous ces éléments, le tribunal correctionnel de Charleroi s’interroge sur l’exacte qualification des faits. Une remise a donc été décidée, au 17 mai prochain, pour permettre aux différentes parties de se pencher sur cette question. Un délaissement d’enfant mineur, une privation de soins et un homicide involontaire sont envisagés pour éventuellement requalifier l’actuelle prévention de non-assistance à personne en danger.

Un nouveau calendrier, qui prendra fin le 26 avril prochain, permettra aux parties de conclure. Le dossier sera examiné, pour plus de cinq heures d’audience, le 17 mai prochain.

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