Charleroi: complexé, il se venge sur sa mère

Le jeune homme, complexé par un problème de dentition, est poursuivi pour sept préventions de violence.

L.C.

Quatre ans, sept mois et vingt-et-un jours: telle est la très longue période infractionnelle reprochée à Simon. Période durant laquelle sa propre mère et sa sœur ont vécu l’enfer. Dès janvier 2017, le mal-être du jeune homme a fini par surgir de la plus mauvaise des manières.

Pour le substitut Brichet, à la sortie de l’adolescence, Simon a adopté un comportement de "starlette". Tout juste diplômé, ce il refuse de se démener afin d’aller travailler. Non, Simon préfère plutôt traîner dans sa chambre, fumer du cannabis et jouer tous les jours aux jeux vidéos. Sa mère et sa sœur sont là pour le servir. "Il s’est comporté comme une star. Tout le monde devait être à ses pieds", précise le parquet.

La meilleure preuve est le motif futile ayant débouché sur une scène ô combien interpellante le 15 novembre 2020. "Ce jour-là, il s’est énervé, car la lumière a été éteinte sans son accord. Il y a eu des insultes proférées, des coups et des dégradations au sein de la maison familiale", ajoute le substitut Brichet.

Juste après ce déferlement de violence, Simon a menacé sa maman par le biais de sa sœur, utilisée comme canal de communication. "Il va falloir me retenir parce que je vais finir par tuer ta mère", écrit-il.

Entretemps, une scène de coups sur la mère de famille avec un pic à brochettes et de nouvelles violentes menaces ont conduit Simon à être emprisonné durant une dizaine de jours. "Il a de nouveau menacé sa mère de l’étrangler à mains nues, de l’asperger d’essence et de la brûler."

Une crise d’adulescence

Le substitut Brichet requiert une peine de 6 mois de prison, sans s’opposer à un sursis probatoire. Simon ne conteste pas les sept préventions. La tête basse, les mains nouées, il est honteux. "Je regrette énormément mes actes, et je vais les regretter toute ma vie. J’étais mal dans ma peau durant ma jeunesse et tout ça est sorti sous une forme de haine et de colère envers ma mère", exprime le prévenu.

Me Thibaut Decock, l’avocat de Simon, embraie dans ce sens et évoque lui "une crise d’adulescence" et un effet boule de neige. "Il avait un problème de dentition qui lui tenait à cœur, et il ne s’est jamais senti compris par ses parents. Il a extériorisé son malaise via la violence à la suite de la séparation des parents début janvier 2017."

Une mesure de suspension probatoire est plaidée pour celui qui fut diagnostiqué comme ayant "une personnalité fragile avec un besoin de plaire et un manque de confiance en lui."

Jugement début février.

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