Violation de domicile à Charleroi: des traces de semelles sur la porte d'entrée

Mustapha nie une violation de domicile. Il semble pourtant avoir fait pression sur la porte d’entrée de la victime pour l’ouvrir.

L.C.
 Le prévenu, condamné à 18 mois de prison, est revenu au tribunal pour faire opposition.
Le prévenu, condamné à 18 mois de prison, est revenu au tribunal pour faire opposition. ©Belga

Après avoir prononcé une interminable liste d’alias, le tribunal correctionnel a enfin pu entendre les explications de Mustapha. L’homme détenu, qui prétend finalement s’appeler autrement, a formé opposition à un jugement le condamnant à 18 mois de prison pour une violation de domicile, le 14 novembre 2019 à Marcinelle.

Le parquet considère que Mustapha s’est présenté ce jour-là au domicile familial de son compagnon de l’époque. Face au refus de la mère de ce dernier, Mustapha serait revenu sur place quelques instants plus tard pour défoncer la porte d’entrée et faire irruption dans le logement. "Il voulait avoir une discussion avec son compagnon, mais la mère ne le connaissant pas réellement a refusé. Il a troué la porte d’entrée, et plusieurs traces de semelle ont été relevées sur la porte blanche", confirme la substitute Broucke.

Pour cette dernière, Mustapha est bien l’auteur des faits. Ce que conteste l’opposant, affirmant ne pas avoir été présent en Belgique au moment des faits. "Je ne sais pas pourquoi ils disent ça. Mais moi j’étais en Allemagne pour me faire vacciner", répond Mustapha. Preuve à l’appui ? La carte de ladite vaccination reprend un cachet allemand datant du… 25 novembre. Soit 11 jours après les faits.

Une porte réparée un peu vite ?

Pour Me Fosseur, avocat du prévenu, la présence de Mustapha dérange la famille de son compagnon. Une vendetta a donc été organisée. "La famille n’est pas ravie de savoir que le fils a une relation homosexuelle, avec un projet de mariage. C’est un conflit évident", estime l’avocat, qui juge insensées les réparations effectuées à la porte d’entrée. "La porte est déjà réparée quand les policiers arrivent sur place. À moins d’avoir de la Pattex qui sèche en trois secondes, je trouve que cela n’a aucun sens. Au contraire, on aurait attendu les constatations policières pour ensuite réparer la porte." Un acquittement est plaidé, alors que le parquet requiert la confirmation du jugement. "Une planche en bois a été fixée à la porte pour sécuriser l’habitation, parce que le prévenu est parvenu à passer par le trou pour entrer. Je ne vois rien d’anormal à fixer une planche à la porte. Et c’est bien son compagnon qui a identifié le prévenu, pas sa maman l’instigatrice d’un guet-apens", rétorque le parquet.

Jugement le 23/12.

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