Charleroi : Insultes, menaces : les éboueurs de Tibi en danger

L’intercommunale Tibi en a marre de voir son personnel mis en danger ou soumis à des comportements inciviques. Plainte sera déposée aussi souvent que nécessaire.

Jean van Kasteel
Charleroi : Insultes, menaces : les éboueurs de Tibi en danger

Les équipes de Tibi qui récoltent les poubelles en porte-à-porte sont parfois la cible de « comportements inciviques ». Un terme large, qui regroupe toute une série de réalités désagréables, voire dangereuses.

D’abord, il y a les insultes et les menaces, quand un sac n’est pas ramassé par exemple, ou quand un agent de l’intercommunale appose une "main rouge" sur un sac-poubelle mal trié. Des ouvriers des recyparcs ont également été agressés quand ils refusaient certains déchets.

Puis il y a l’énervement des automobilistes: coups de klaxons parce que "le camion les bloque" , dépassement à toute vitesse. Il y a aussi les sacs surchargés (de plafonnage par exemple), ou dans lesquels sont cachés des débris de verre ou des seringues, piquant, coupant, blessant les agents qui les embarquent. "Le lendemain du réveillon, un agent s’est ouvert la jambe sur une flûte de champagne cassée qui avait été mise à la poubelle" , explique-t-on à Tibi.

Enfin, malheureusement, il y a les accidents graves. "Il y a eu trois accidents sur l’année 2021, où des voitures ont embouti l’arrière d’un de nos camions" , déplorent le directeur général Philippe Teller et le président Léon Casaert. Par deux fois, les agents ont pu sauter pour esquiver la voiture qui arrivait. Le troisième agent n’a pas eu cette chance: il a eu la jambe coincée, écrasée entre le marchepied du camion et le pare-chocs de la voiture. Il a été amputé d’une jambe après des heures entre la vie et la mort.

"Nos équipes ont été très remerciées durant la pandémie, avec des dessins sur les sacs-poubelle, des mercis. C’est très chouette, mais le meilleur merci que vous pouvez faire pour celles et ceux qui ramassent vos déchets, c’est de penser à trier vos poubelles, éviter les objets tranchants ou dangereux, rouler doucement et sans agressivité, rester attentifs aux camions d’enlèvement et aux agents qui peuvent se trouver à proximité" , disent-ils.

Désormais, Tibi veut appliquer une tolérance zéro: "on accompagne nos agents, y compris juridiquement s’ils veulent porter plainte. On se constituera partie civile, et on suivra les dossiers, autant que nécessaire." Mais au-delà du tour de vis, il y a aussi la communication et les projets: "on publie systématiquement sur les réseaux sociaux les problèmes rencontrés par nos agents, pour sensibiliser. On planche aussi sur une campagne de communication plus légère, pour ne pas faire que du trash non plus. Il y a aussi un projet d’intégrer dans nos équipes, pour les travaux d’intérêts généraux, des gens par exemple en infraction de roulage. Qu’ils se rendent compte. Il faut se rappeler que derrière le déchet qu’on jette, il y a une personne."