Charleroi : les arbres remarquables sous surveillance sanitaire

La ville de Charleroi a confié à Hainaut Développement la surveillance sanitaire de ses arbres remarquables. Leur nombre est estimé à 4000.

Didier Albin
 Les arbres du boulevard Devreux sont sortis de leur torpeur hivernale.
Les arbres du boulevard Devreux sont sortis de leur torpeur hivernale. ©ÉdA – 502034177313 

On le sait peu: Charleroi compte sur son territoire plus de 20000 arbres, dont un sur cinq est remarquable, c’est-à-dire répertorié pour sa rareté, ses dimensions, sa localisation, son âge ou encore sa force symbolique. Comment les protéger, mais aussi prévenir les risques d’accidents liés à leur état sanitaire ou aux vents violents? La question vient d’être posée par la conseillère MR Lætitia Dehan dans le dernier bulletin des questions écrites du conseil communal de Charleroi.

"Dans ce cadre, une analyse approfondie du patrimoine arboré de la ville a été confiée à Hainaut Développement" , explique le bourgmestre Paul Magnette, en charge de la Nature en ville. Cette étude vise à répertorier l’ensemble des arbres remarquables et à établir leur situation de santé. Objectif: améliorer la gestion de ces réservoirs naturels de carbone, qui constituent en période de canicule des îlots de fraîcheur en milieu urbain. "Sur ce début d’année, Hainaut Développement a procédé aux diagnostics phytosanitaires d’une centaine d’arbres par une analyse visuelle, la méthode V.T.A (Visual Tree Assessment) et sonore, la tomographie, permettant d’identifier les défauts de structure de différentes parties de l’arbre" , rapporte le bourgmestre.

Priorité à l’intra-ring

Tailles inappropriées, maladies, fosses de plantation inadaptées sont autant de facteurs qui influencent la croissance et la santé des arbres. "À partir des données recueillies sur le terrain, des recommandations de travaux sont données au service d’entretien (élagage, abattage, surveillance). Ces recommandations sont accompagnées d’un descriptif de l’intervention et de son degré d’urgence."

Dans un souci d’efficacité, des priorités ont été adoptées: l’attention se porte d’abord sur les lieux les plus fréquentés par les citoyens comme les boulevards et avenues de l’intra-ring, les parcs et places publiques ou encore les écoles. Selon les prescriptions, les travaux de maintenance sont ou bien effectués en interne par les équipes du département Nature en ville, ou bien confiés à des prestataires extérieurs via un marché public.

Pour les nouvelles plantations urbaines, la Ville a élaboré un cahier de charges en vue de retenir les espèces les mieux adaptées. Sur le boulevard Bertrand, les auteurs de projet ont par exemple prévu de grandes fosses qui se prolongent en dessous des places de stationnement: d’une profondeur d’1,3 mètre, elles contiennent un mélange terre pierre qui garantit le développement racinaire et la stabilité des emplacements de parking. En outre, des films guides enveloppant les mottes évitent des déformations de sol.