Toutes unies contre les féminicides

À l’initiative du monde associatif, un vibrant hommage a été rendu aux femmes victimes de féminicides.

Frédéric NGOM
Toutes unies contre les féminicides
Une cinquantaine de femmes se sont réunies, place Verte, à l’initiative de la Maison plurielle. ©NGOM

Elles étaient plus d'une cinquantaine à avoir répondu à l'appel de la Maison plurielle, ce vendredi à midi, sur la place Verte à Charleroi. Au programme, discours et minute de silence. L'objectif du rassemblement était de se faire entendre et de rendre hommage aux victimes de féminicides en général, et de Lucia et Lamia, toutes deux mortes sous les coups de leur compagnon il y a quelques jours. En 2022, il y a déjà eu six féminicides. Six de trop pour les personnes présentes."Ce rassemblement, organisé par la plate-forme Ruban blanc, vise à rendre hommage aux victimes de féminicides. Nous souhaitons également dénoncer les violences faites aux femmes. Depuis 2017, on totalise quelque 160 féminicides mais une c'est déjà de trop. Si on compte pour cette seule année, et que l'on fait le ratio, cela fait un féminicide tous les 8 jours. Nous sommes là aussi pour réfléchir à des solutions pour que cela ne se reproduise pas. Et ces solutions existent", explique Gémaëlle Corsini, coordinatrice et gestionnaire de projets au sein de l'ASBL Maison plurielle. Parmi les solutions avancées: en parler librement, déconstruire ce qui se passe, aligner le monde judiciaire et politique pour poursuivre la lutte contre les violences faites aux femmes, mettre en place des dispositifs de prévention et de sensibilisation globale.

Après la minute de silence en hommage aux disparues, c'est Margaux Joachim, présidente du conseil consultatif de l'égalité des chances femmes-hommes de la Ville de Charleroi, qui a pris la parole. "Nous sommes ici pour crier haut et fort notre désarroi, pleurer nos sœurs et montrer notre rage face à ces atrocités. Aujourd'hui, il est de notre devoir de rendre compte dans l'espace public de l'ampleur des violences faites aux femmes; celles visibles et invisibles. Ces violences ne s'exercent pas seulement dans la sphère privée, mais aussi publique."

La présidente du conseil consultatif de l'égalité des chances femmes-hommes a également tenu à mettre en avant un outil dont s'est dotée la Ville de Charleroi: la convention d'Istanbul. "Ce cadre législatif vise la prévention, la protection, la poursuite et l'intégration de réflexion du genre dans les politiques transversales de la Ville. Nous, secteur associatif, le monde judiciaire et les politiques devons continuer à travailler ensemble pour qu'elles soient respectées et implémentées dans toutes les décisions et dans tous les secteurs. Nous devons aller plus loin. Charleroi, via des associations comme le groupe de travail des violences faites aux femmes, se doit d'être précurseure, dans sa politique de lutte contre les violences faites aux femmes. Les collaborations vont dans le bon sens, mais la tâche reste immense."