Les six CV d’une vie bien remplie

Les définitions échappent à Philippe Genion, qui préfère résumer: «Jusqu’ici, j’ai vécu six vies différentes.» Né à Gosselies, «mal élevé» à Jumet et «bien nourri» à Marchienne-au-Pont, il a été, au début des années 1980, de l’aventure des radios pirates.

S.G.

«J’ai vu les mecs foutre le camp par la tabatière, avec leur émetteur dans le dos, pour s’enfuir par les toits de Charleroi et éviter les flics venus les arrêter.» Puis organisera des concerts et deviendra manager du groupe Front 242. Ce qui lui ouvrira sa deuxième vie, en tant que leader du groupe rock industriel «à; GRUMH…». «Nous avons tourné dans toute l’Europe, en Scandinavie, dans le bloc de l’Est avant une tournée mondiale de deux ans, entamée en 1989.»

En parallèle, avec son compagnon, il développe, dès 1985, une société de feux d'artifice. «En cinq ans, nous sommes devenus leaders du marché belge, nous avons tiré des feux aux quatre coins de la planète; ça a été un gagne-pain très rentable pendant trente ans», résume Philippe Genion, à propos de sa troisième vie.

Il organisera aussi des conventions, quatrième vie, de 1990 à 2011, rassemblant entre 400 et 500 personnes, dans des hôtels aux quatre coins de la planète.

En 2005, il intègre l’équipe des inspecteurs du guide Gault&Millau: une cinquième vie qui l’amènera à créer son propre bar à vins et tapas, à Marchienne-au-Pont.

Auteur à succès

Enfin, Philippe Genion est un auteur à succès: «C'est parti d'un site web que je tenais, intitulé "Le Dico belge". Les éditions Points-Le Seuil, à Paris, m'ont sollicité pour en rédiger une version publiable.» Résultat: Comment parler le belge, édité en 2010, a aujourd'hui dépassé les 45 000 exemplaires vendus, tandis que L'Encyclopédie du Barakî, sortie en février dernier, en est déjà à 15 000 bouquins écoulés.