«À Charleroi, les regrets ont laissé la place à l’espoir»

Philippe Genion porte sa ville dans l’âme, le cœur et l’estomac. Il se réjouit des métamorphoses en cours tout en saluant «l’esprit carolo» toujours vivace.

Interview : SEBASTIEN GILLES

Personnage hors-norme, au CV aussi rebondi que sa silhouette (lire le portrait), Philippe Genion est avant tout un véritable Carolo, capable de rire de tout mais également fier des récents tournants positifs pris par sa ville. Il souligne également ce qui n’a jamais changé, et ne doit jamais changer, dans la première métropole de Wallonie.

Philippe Genion, pourquoi faut-il se rendre à Charleroi?

Parce que c’est le centre du monde, c’est ce que chacun devrait dire du lieu où il vit. C’est égocentrique de ma part mais, pour ma défense, l’égocentrisme, c’est la première chose que l’on inculque au nourrisson. J’ai eu l’occasion, au fil des années, de m’installer à Bruxelles, Paris, New York ou San Francisco, mais si je suis resté à Charleroi, c’est parce que c’est une ville unique.

En quoi est-elle unique, justement?

Les gens qui connaissent Charleroi le savent déjà, ce sont les gens qui en sont la première richesse. Le touriste d’un jour risque fort d’être surpris, et ce n’est qu’un exemple, s’il demande son chemin. Il y a de fortes chances qu’au lieu de recevoir des instructions claires, il se fasse, en fait, accompagner jusqu’à sa destination et que le Carolo en profite pour entamer la conversation. C’est d’autant plus marqué que le centre-ville, ceinturé par le ring R9, est tout petit, alors qu’on parle de la plus grande ville de Wallonie.

Que peuvent faire les gens qui ne connaissent pas Charleroi?

Venir nous découvrir, avec appétit. Nous avons à boire et à manger à toute heure, ce qui n’est pas le cas de toutes les villes belges.

Est-ce uniquement par le ventre que Charleroi peut séduire?

Bien sûr que non, le patrimoine architectural, Art nouveau, Art déco, est connu, la vivacité de l’offre culturelle n’est plus à prouver. Et, plus sérieusement, Charleroi bouge beaucoup, évolue, et ce n’est pas fini. Les grands travaux de la ville-basse, avant ceux de la ville-haute, c’est beaucoup de bruit et de poussière à subir mais il faut avoir confiance dans cet avenir qui se construit. Les regrets du passé ont laissé la place à de l’espoir.

Comme l’espoir de comprendre pourquoi vous n’êtes pas une plus grosse vedette?

Comment, plus grosse? (rires) Je pèse 0,21 tonne! Ça ne suffit pas? D’ailleurs, le nouveau centre commercial Rive Gauche, c’est bien beau. Mais à quoi ça sert d’avoir autant d’enseignes de prêt-à-porter si aucun magasin n’a de vêtement à ma taille? (rires).