Grogne à la SNCB : lent retour à la normale à Charleroi et Mons

Le mouvement social prend de l’ampleur à la SNCB du côté de Mons et Charleroi. La circulation des trains est touchée et le mouvement pourrait s’étendre.

Grogne à la SNCB : lent retour à la normale à Charleroi et Mons

Le mouvement social en cours à la SNCB depuis mercredi matin, à la suite duquel les travailleurs de plusieurs ateliers de Bruxelles et de Wallonie ont débrayé, prend de l’ampleur. Des agents de postes de signalisation ont arrêté le travail, ce qui a une répercussion sur la circulation des trains dans les régions de Charleroi et de Mons, indique l’entreprise ferroviaire. L’atelier de Malines est désormais aussi concerné.

L’atelier de Charleroi, situé derrière la gare de Charleroi-Sud, est à l’arrêt depuis ce matin, ainsi que celui de Châtelet, selon la CGSP-Cheminots carolo, qui ajoute qu’une réunion est en cours à l’atelier de Bascoup (région du Centre). D’après le syndicat socialiste, certains accompagnateurs ont embrayé sur le mouvement, ce qui a a suscité des retards dans les horaires de trains. En outre, durant la matinée, des agents de la SNCB se sont rassemblés sur l’esplanade située devant la gare.

De son côté, la CGSP-Cheminots ajoute que le mouvement dans les ateliers de la SNCB s’est étendu aux agents commerciaux de la gare de Bruxelles-Nord, c’est-à-dire les guichetiers. Ce que confirme la société ferroviaire, qui invite les clients à utiliser les automates pour acheter leurs titres de transport.

L’action de ce mercredi a débuté après la décision de HR-Rail, la société qui emploie juridiquement le personnel des chemins de fer, d’appliquer une mesure diminuant les jours de crédit des cheminots.

Le personnel roulant bientôt en grève?

«Ça commence à s’embraser. Ça pourrait s’étendre aux autres gares. Il se dit que le personnel roulant pourrait se mettre en grève à partir de 22h. Tout le monde est concerné par ces mesures. Le fait d’enlever des jours de congé passe très mal, surtout dans les ateliers où les travailleurs ont des métiers pénibles», prévient Philippe Dubois, secrétaire permanent du syndicat socialiste pour Bruxelles.

Les syndicats attendent l’issue de la concertation lors de la sous-commission paritaire nationale extraordinaire en cours depuis 13 h. Si cette conciliation ne donne pas les résultats attendus, les actions seront durcies demain/jeudi.

MISE A JOUR | Infrabel nuance l’impact

Selon Infrabel, la situation de la seule cabine de signalisation concernée par le mouvement social en cours à la SNCB est en train de se normaliser, signale le gestionnaire de l’infrastructure ferroviaire, Infrabel. «Il y a moins de travailleurs de la cabine qui continuent à faire grève et nous faisons remonter du personnel vers Charleroi pour permettre aux Carolos et à tout voyageur de prendre son train», signale Arnaud Reymann, porte-parole d’Infrabel. «Globalement, la circulation ferroviaire est bonne», indique Thierry Ney, porte-parole de la SNCB.

Les trains circulaient très difficilement à Charleroi mais grâce au renfort de personnel, «beaucoup plus de trains roulent désormais». La SNCB prévient tout de même les voyageurs que des difficultés risquent encore de survenir car quelques manifestants restent sur place. «Nous conseillons à nos voyageurs de se rendre sur notre site letrain.be ou sur notre application avant de se déplacer en gare».

Du côté de Mons, «les grévistes ont été remplacés, nous ne notons aucun problème de notre côté», précise Infrabel. Le transport a été garanti dans cette région, indique la CSC-Transcom.

Tensions devant le bureau de Cornu

La délégation syndicale a rencontré le directeur général de HR-Rail. La suite des actions reste indéterminée.

Les quelque 200 manifestants qui étaient devant le siège de HR Rail rue de France se sont déplacés aux numéros 56-58 de la même rue, devant les locaux de Jo Cornu, CEO de la SNCB, a indiqué à 13H45 Philippe Dubois, secrétaire permanent de la CGSP-Cheminots pour Bruxelles. Quelques incidents ont été signalés. La police s’est rendue sur place.

Une délégation a demandé à être reçue, mais la requête des syndicats a été refusée étant donné que Jo Cornu n’était pas disponible. Quelques travailleurs se sont énervés et ont forcé l’entrée. Après médiation avec la police, la délégation sera reçue par Richard Gayetot, directeur général de SNCB Technics qui est responsable de l’ensemble des ateliers en Belgique.

A cette annonce, les manifestants ont retrouvé leur calme. La plupart des personnes mobilisées sont des travailleurs des ateliers de Forest et de Schaerbeek. Ils refusent l’application d’une mesure diminuant les jours de crédit des cheminots.