Ryanair va baser un avion de plus à Charleroi cet été, 5 nouvelles destinations

Michael O’Leary, le CEO du groupe Ryanair, a annoncé ce mardi 17 janvier 2023 qu’un 16e avion aux couleurs de sa compagnie sera basé à Charleroi cet été.

Belga
 Michael O’Leary, le CEO de Ryanair.
Michael O’Leary, le CEO de Ryanair. ©BELGA

Ryanair basera un avion de plus à l’aéroport de Charleroi durant la prochaine saison aéronautique estivale, y faisant passer le total à 16, a annoncé ce mardi Michael O’Leary, le CEO du groupe Ryanair, lors d’une conférence de presse à Bruxelles. Cinq nouvelles destinations seront en outre desservies depuis le tarmac carolo. Il n’y aura pas de nouvelles routes cet été au départ de Zaventem, où la compagnie irlandaise à bas coûts a décidé la semaine dernière de ne pas rouvrir sa base.

Malgré plusieurs réunions entre la compagnie et Brussels Airport ces derniers mois, les deux parties n’ont pas pu s’entendre. En cause : la hausse des tarifs aéroportuaires de 11 % à partir d’avril. Cette décision pourrait entraîner la perte de 59 emplois à Zaventem. “Brussels Airport est le 3e aéroport le plus cher parmi toutes nos bases”, a déploré Michael O’Leary. Le CEO a demandé à l’aéroport de réduire ses charges. Ce dernier a cependant refusé. Le patron irlandais espère qu’il pourra rouvrir la base à de meilleures conditions à l’avenir, a-t-il dit.

La compagnie a toutefois répété ce mardi qu’elle ne quittait pas pour autant le tarmac bruxellois. Elle continuera en effet à opérer des vols vers 12 destinations cet été (pour 16 l’été dernier), au moyen d’avions basés à l’étranger.

Le nombre de routes sera, en revanche, beaucoup plus élevé à Charleroi, où Ryanair est, historiquement, la principale compagnie. Il y en aura en effet 109. L’entreprise explique cette croissance par des tarifs aéroportuaires qui y sont moins élevés. S’ils ont également augmenté cette année, ils sont plus de 50 % moins chers qu’à Zaventem. Ryanair peut dès lors accepter cette hausse tout en préservant sa croissance, a commenté Michael O’Leary.

Charleroi est en outre, parmi les principales bases de Ryanair en Europe, celle où la croissance en termes de capacité a été la plus élevée entre 2019, avant le Covid donc, et 2022. Elle a atteint 116 %, contre une moyenne de 108 % pour l’ensemble de la compagnie.

En Belgique, la compagnie s’attend à avoir une croissance de 3 à 4 % cette année grâce aux 121 destinations desservies cet été et atteindre 8,6 millions de passagers transportés en 2024 (7,6 millions à Charleroi et 1 million à Zaventem).


”Nous ne savons toujours pas ce pour quoi ils font grève exactement”, affirme le patron de Ryanair

”Les syndicats belges affirment beaucoup de choses, mais peu d’entre elles sont vraies”, a lancé ce mardi Michael O’Leary, le patron du groupe Ryanair, interrogé sur l’agitation sociale au sein du personnel basé en Belgique de la compagnie irlandaise à bas coûts.

Le personnel belge de Ryanair s’est mis en grève deux week-ends d’affilée fin décembre et début janvier. Les syndicats dénoncent l’attitude du transporteur qui, d’après eux, refuse toujours de respecter la loi belge et de garantir le salaire minimum légal. Ils ont donné à la direction de la compagnie jusqu’à la fin janvier pour présenter une proposition satisfaisante. Si ce n’est pas le cas, ils organiseront deux jours de grève chaque mois jusqu’à ce qu’une solution soit trouvée, ont-ils menacé il y a une dizaine de jours.

Un ultimatum qui n’impressionne pas Michael O’Leary. “Nous ne savons toujours pas ce pour quoi ils font grève exactement”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse à Bruxelles mardi. “Les syndicats ont beaucoup de revendications, mais ils n’obtiennent rien avec leurs grèves. Seulement que les travailleurs perdent de l’argent sur leurs salaires.”

Selon le CEO, la compagnie à bas prix respecte les règles. “Nous payons même plus que le salaire minimum”, a-t-il affirmé. Et l’indexation automatique des salaires, par exemple, est également respectée, a ajouté le patron de Ryanair. “Nous n’avons pas le choix ! Nous devons appliquer l’indexation salariale. Et nous respectons pleinement nos obligations”, a-t-il insisté.

Interrogé sur les deux enquêtes que mène actuellement l’auditorat du travail de Charleroi sur les pratiques de la compagnie en Belgique, Michael O’Leary a dit ne pas être au courant de leur existence. Une information judiciaire a notamment été ouverte à propos du salaire du personnel et l’auditorat espère pouvoir entendre, à la fin du premier trimestre, les responsables de Ryanair sur les éléments qu’il aura repérés. Si le salaire annuel minimum paraît être respecté, le salaire minimum mensuel ne le serait pas, semble-t-il.

Ryanair collaborera à cette enquête le cas échéant, a présumé le CEO.

”Si nous ne respectons pas la législation comme l’affirment les syndicats, ils n’ont qu’à aller au tribunal. Et nous y gagnerions”, a-t-il conclu.

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