Châtelet: 7 ans de prison pour le pédophile au scooter

L’arrestation immédiate du sexagénaire a été prononcée, ce mercredi après-midi. Un appel de la décision est envisagé par le condamné.

L.C.
 Michel avait amadoué un des mineurs en lui prêtant son scooter.
Michel avait amadoué un des mineurs en lui prêtant son scooter. ©EIC Agency, LLC – stock.adobe.co 

C’est un homme radicalement différent qui est apparu ce mercredi pour écouter son prononcé. Différent, car Michel a eu du mal à s’exprimer il y a un mois sur les faits commis sur plusieurs mineurs. Mais à l’issue du prononcé et des sept ans de prison ferme, Michel a soudainement montré qu’il pouvait se faire entendre en s’offusquant de la peine de prison. "Il y a 3/4 de mensonge dans le prononcé. J’irais en appel. Je suis libre depuis le 1er décembre, est-ce que j’ai fait quelque chose depuis ? Si j’avais voulu fuir, je l’aurais déjà fait. Allez franchement, vous êtes en train de gâcher ma vie", a lancé le sexagénaire.

S’il a comparu face à la justice, c’est parce que le 22 juin 2019, un mineur a été interpellé sur son scooter. Lui qui avait prêté son engin ne devait pas entrer en contact avec des mineurs puisqu’il était sous le coup de mesures probatoires à la suite d’une précédente condamnation judiciaire pour des faits de mœurs.

Sur Internet et chez lui

La perquisition menée au domicile de Michel a permis aux enquêteurs de mettre la main sur le GSM et le matériel informatique du prévenu. Des discussions explicites avec un mineur né en 2004 se trouvaient dans les appareils. "Il m’a montré son sexe, et moi aussi, admet le prévenu. C’était dans les deux sens. J’étais à la recherche d’affection et de tendresse depuis le décès de mon épouse en 2011, précisait Michel, en confirmant avoir rencontré le mineur au terrain de foot de Châtelet. Là, il m’a fait comprendre qu’il n’était pas contraire à un petit câlin. Je l’ai alors masturbé."

Selon le mineur, Michel lui avait promis d’acheter une moto ou de faire un tour sur l’engin et distribuait des cadeaux à ceux qui osaient s’approcher du prédateur.

Au fil du temps, le foyer de Michel s’est transformé en maison de jeunes. "Il accueillait les gens du quartier chez lui, acceptait les relations sexuelles des jeunes, les aidait comme il le prétend", ajoutait la substitute Malorgio.

Deux frères ont également été victimes de violence sexuelle. "Il dit qu’il a séjourné plusieurs jours chez le prévenu et que le prévenu l’a masturbé et fait des fellations. Il explique même qu’il est arrivé de participer à un strip-poker où le prévenu se retrouvait rapidement nu. Une fois, ce dernier est allé s’asseoir dans un fauteuil, face aux jeunes, avant de commencer à se masturber."

Dix ans de prison avaient été requis contre Michel. Le sursis probatoire, plaidé par la défense, n’a pas été octroyé compte tenu de l’état de récidive de Michel. Ce dernier sera également mis à la disposition du tribunal d’application des peines durant 10 ans.