Un coup de portière en plein visage : un acte “involontaire”, selon Antoine

Quatre jours après les faits, la jeune femme victime de la scène présentait encore des traces de coups au visage.

L. C.
 Thomas tentait méthodiquement d’ouvrir les portières de toutes les voitures du quartier où il «travaillait».
Thomas tentait méthodiquement d’ouvrir les portières de toutes les voitures du quartier où il «travaillait». ©BELGAIMAGE

Ce n’est pas le contenu du dossier qui aidera le tribunal correctionnel de Charleroi à trancher sur la culpabilité ou non du jeune père de famille de 27 ans, le 12 décembre prochain. Pour ainsi dire, il n’y a rien dans le dossier. Pas de déclarations de témoins, pas d’images de vidéosurveillance, rien. Pourtant, deux témoins auraient pu être entendus. Mais ce ne fut pas le cas, pour diverses raisons. C’est donc la “parole de l’un contre la parole de l’autre”, résume à juste titre Me Donatangelo, l’avocat d’Antoine.

Ce dernier se retrouve sur le banc des prévenus pour une scène de coups et blessures qui a eu lieu le 25 juillet 2019, sur la place de Courcelles. Ce jour-là, un rendez-vous prévu entre Antoine et son ex-compagne a tourné court. “Je lui avais avancé de l’argent pour qu’elle puisse se prendre un appartement. Le rendez-vous était fixé pour qu’elle me rende l’argent. Elle me l’a jeté au visage, m’a giflé et a ouvert la portière”, explique l’ex-compagnon. Alors qu’elle se penchait à l’intérieur du véhicule pour embrasser son fils, la jeune mère a vu la portière d’un peu trop près quand Antoine a fait démarrer sa voiture.

Un sursis simple proposé par le parquet

Pour le ministère public, qui poursuit Antoine, ce dernier a bien volontairement blessé son ex-compagne. Détail interpellant : la jeune femme est allée déposer plainte quatre jours plus tard, pour une histoire de harcèlement, à la police. Et les traces sur son visage étaient encore visibles. Six mois de prison sont requis, sans s’opposer à un sursis compte tenu du contexte particulier de la scène (rupture sentimentale) et l’absence de casier judiciaire pour Antoine.

Du côté de la défense, on espère une requalification des faits pour la circonstance involontaire de la scène et une suspension simple du prononcé. Jugement dans un mois.