Hicham heurte une voiture, tente de fuir, frappe le propriétaire puis s’enfuit: "Il avait peur de retourner en prison"

Les pires décisions se sont enchaînées ce jour-là, alors qu’Hicham venait acheter un pain avec son fils et a fait une fausse manœuvre.

Jean van Kasteel
PIRARD OLIVIER PHOTO

Règle à dessin pour constat d'accident à l'amiable. DH 03/12/2004
PIRARD OLIVIER PHOTO Règle à dessin pour constat d'accident à l'amiable. DH 03/12/2004 ©Pirard

Qu’est-il arrivé à l’option simple de "oups désolé, faisons un constat"? C’est la seule réflexion qui nous est venue en sortant du tribunal correctionnel ce matin. Parce que ça n’est pas apparemment passé par le ciboulot d’Hicham le 5 avril 2021, quand il a fait une marche arrière dans une voiture qui se trouvait derrière lui.

Au contraire, en fait : Hicham est sorti de sa voiture, a estimé qu’il n’y avait pas de dégâts, et a tenté de partir. C’était sans compter sur Abdul, qui est venu voir les dégâts, a trouvé une griffe qui n’était pas là avant, et a voulu s’expliquer avec Hicham. Explication qui a très mal tourné : Hicham est remonté dans sa voiture pour essayer de partir ("J’avais mon fils avec moi", dit-il, sans que personne ne voie le rapport), s’est retrouvé bloqué par Abdul qui s’est mis devant sa voiture pour l’empêcher de s’enfuir, a persévéré à ne pas vouloir établir de constat et essayer de fuir, jusqu’à ce qu’Abdul frappe violemment sur le capot de sa voiture pour lui intimer de s’arrêter. Hicham est alors sorti de la voiture et a mis plusieurs coups de poing à Abdul, qui a fini par terre avec une commotion cérébrale et qui a dû être emmené à l’hôpital. Et Hicham s’est alors enfui…

Rapidement retrouvé, il est passé aux aveux quand il a été confronté par les policiers. Et le voilà devant le tribunal correctionnel… une fois de plus ! Parce qu’en plus Hicham a déjà plusieurs condamnations à son actif. Son casier est bien rempli entre 2004 et 2021. Pour l’instant, il est sous libération conditionnelle avec un suivi par un agent de probation jusqu’en 2026, après plusieurs condamnations à des années et des années de prison.

"Il a mal réagi et le contexte n’excuse rien, mais il a pris peur parce qu’à l’époque il avait un bracelet électronique et ne voulait pas retourner en prison", dit son avocate. "Il a un travail, il a arrêté de consommer des stupéfiants, il essaie de se réinsérer. Il est déjà suivi de près par la justice jusqu’en 2026, je demande donc une peine de travail : il sera sanctionné mais ne retournera pas en prison." Le procureur dit "entendre les efforts pour se réinsérer" et demande lui aussi une peine de travail. Jugement le 13 décembre.

Alors qu’il suffisait de faire un constat…