Courcelles: un 9e incendie volontaire?

Pour le parquet, le prévenu est bien le pyromane qui a bouté le feu à de nombreux véhicules à Courcelles.

L.C.

Entre 2017 et 2019, un pyromane a sévi à une dizaine de reprises dans les rues de Courcelles. Des riverains ont perdu leurs voitures, leurs chalets ou du mobilier. Et il s’avère que dans le quartier vit Sébastien. Ce dernier est, selon le parquet, le fameux pyromane à l’origine des nombreux incendies évoqués ce lundi après-midi devant la chambre à trois juges.

Plusieurs éléments ne plaident pas en la faveur du prévenu. Tout d’abord, sa proximité avec les nombreux incendies. "Les incendies ont eu lieu autour de son domicile, là où il travaillait ou encore à l’endroit où il était pris en charge pour du covoiturage. Douze faits ont été épinglés sur une carte et le domicile du prévenu est apparu comme le point central sur la carte" , confirme la substitute Pied. Il y a également cet antécédent judiciaire remontant à 2007, certes, mais pour huit incendies volontaires. Sébastien avait obtenu un sursis probatoire de 5 ans. Les pulsions ont-elles pris le dessus, dix ans plus tard?

Un comportement de pyromane

Selon le parquet, le comportement particulier de Sébastien conforte également l’idée qu’il est le pyromane du quartier. Sébastien s’est inquiété du climat d’insécurité sur les réseaux sociaux, a contacté quelques médias pour témoigner, a prévenu la bourgmestre et a contacté les propriétaires touchés par les incendies et les pompiers à deux reprises. "Il avait besoin de reconnaissance. C’est l’attitude d’un pyromane." Il y a également le mode opératoire, similaire sur plusieurs incendies avec des blocs allume-feu déposés aux roues des voitures pour allumer l’incendie.

Face à tous ces éléments, Sébastien reste de marbre et maintient sa position: non, il n’est pas à l’origine de ces nombreux méfaits. Ce dernier conteste également une tentative de fraude à l’assurance invoquée par le parquet après l’incendie de son Audi. Pour contrer le risque réel de récidive (selon le parquet), une peine de 9 ans de prison est requise.

Rien dans le dossier

MeParidaens, à la défense, considère que le dossier ne prouve rien. Pas de témoins, pas de reconnaissances, etc. Les perquisitions et observations n’ont également rien donné. Un acquittement est donc plaidé.

Jugement pour le 18 juillet.