Charleroi: Mehdi de "la bande des TEC" à nouveau devant la justice

Cette fois-ci, sécurité maximale pour l’arrivée du jeune homme dans la salle d’audience, qui est déjà parvenu à s’évader à deux reprises.

L. C.
Charleroi: Mehdi de "la bande des TEC" à nouveau devant la justice

Le visage et le nom de Mehdi sont connus de tous. Les antécédents judiciaires également… Ce lundi matin, à 22 ans, le jeune homme a comparu devant la 11echambre du tribunal correctionnel de Charleroi sous étroite surveillance, entouré par trois membres du GSA. Les portes et fenêtres ont également été fermées, au cas où.

Car oui, Mehdi est du genre à prendre la poudre d’escampette au moment opportun. De l’aveu même du parquet, "c’est compliqué et humiliant" de l’admettre, mais par deux fois Mehdi est parvenu à s’enfuir. Ce fut le cas au commissariat de Charleroi-Nord, lors d’une audition et d’une privation de liberté, en passant par la fenêtre des toilettes. Plus récemment encore, c’est à la sortie du bureau du juge d’instruction, et menotté, que Mehdi est parvenu à s’enfuir du palais de justice durant plusieurs heures.

Outre ces qualités de fuyard, Mehdi impressionne aussi par sa déjà longue carrière judiciaire. L’ex-membre de "la bande des TEC" (qui a sévi dans la région entre 2016 et 2017, en semant la terreur dans les stations de métro et la gare de Charleroi-Sud en usant de la violence pour frapper, racketter et agresser plusieurs victimes) a commis ses premiers méfaits dès l’âge de 12 ans. Il comptabilise huit condamnations judiciaires, dont quatre devant un tribunal correctionnel. Mais à chaque fois, Mehdi est parvenu à s’en sortir avec des mesures de faveur.

Plusieurs préventions de violenceAu total, le jeune prévenu comptabilise 970 heures de peines de travail et 10 ans de prison à titre subsidiaire (au cas où il n’effectuait pas les peines de travail). Aujourd’hui, le parquet entend bien siffler la fin de la récréation et ne plus octroyer la moindre mesure de faveur à celui que considère la substitute Dutrifoy comme "irrécupérable".

De nombreux faits de 2019 et 2020 sont reprochés à Mehdi. On parle de vols avec violence de chaînes en or sur la voie publique, mais également de rébellions et d’outrages envers les forces de l’ordre. Dans le dossier, on retrouve également des préventions de harcèlement envers la mère d’une petite amie de l’époque. Courageusement, la maman s’était ouvertement opposée à la relation sentimentale avec le petit voyou . "Il appelait à plusieurs reprises, pénétrait à l’intérieur de la maison par le Velux. La famille a même déménagé pour s’éloigner du prévenu, mais il est parvenu à retrouver la nouvelle adresse via la localisation sur Snapchat et via l’aide de la petite amie" , précise le parquet.

Quand Mehdi s’énerve, il casse tout sur son passage. Comme ce fut le cas au domicile de la mère, ou dans une chambre à l’hôtel Van der Valk à Gosselies. Le jeune homme admet aussi avoir touché une amie à sa petite amie en lui lançant un téléphone au visage lors d’une de ses crises de colère.

Pour le parquet, le jeune homme ne mérite plus la confiance de qui que ce soit. Une peine de 5 ans de prison est donc requise.

MeBrocca, à la défense, l’admet d’emblée: son client est "un merdeux, un délinquant, un petit con." Mais il faut être juste avec lui au moment de le condamner. Un sursis simple est plaidé.

Le dossier est mis en continuation à la semaine prochaine pour le dépôt d’un jugement dans le dossier.