50 ans d’immigration, ça se fête !

Les communautés turques et marocaines ont marqué leurs 50 ans d’immigration en Belgique, le week-end dernier au parc du château de Monceau.

Pol RECTEM
50 ans d’immigration, ça se fête !
Après 50 ans d' émigration ©EdA

Sur les immenses pelouses s’étendant à côté du château de Monceau-sur-Sambre, les associations turques et marocaines, organisatrices de l’événement, ont déployé deux chapiteaux et des tentes autour d’un vaste plancher. Au centre de cet espace, devant la scène, tables et chaises attendent les visiteurs arrivés sur un tapis rouge déployé jusqu’au cœur de la fête.

Une grande fête qui propose au public une découverte des deux communautés et, surtout, une aventure culinaire exceptionnelle, des dessins au henné sur le poignet, d’étonnantes démonstrations de calligraphie arabe, de la musique maghrébine, des chants, etc.

Plusieurs partenaires se sont investis dans ce projet de la Fête de printemps 2014 telles l’ASBL «Dialogues», la Betiad, l’ASBL «La Tulipe» et L’École des étoiles. Cette année, ils se sont réunis pour commémorer les 50 ans de l’émigration de leurs grands-parents vers la Belgique.

Dès l’entrée, dans un grand salon au confort oriental, on voit une galerie de photos de mineurs turcs et marocains, anciens du Roton. Depuis 1964, ils ont travaillé des années dans les mines de Wallonie ou de Flandre.

Le partage des souvenirs

Cette 10e Fête de Printemps est organisée par des membres bénévoles issus des deux communautés. Elle dure quatre jours et elle vise à renforcer le dialogue entre ses participants et le public. On y est vite séduit par les odeurs de cuisson des crêpes au fromage et aux légumes préparées sur place par des dames. Les pâtisseries ont une place de choix dans un buffet de plats turcs qui attire les regards et attise l’appétit.

Pour les enfants, l’École des étoiles, de Marchienne-au-Pont, toujours très active, a prévu un grand espace de jeux extérieurs (château gonflable, manège, maquillage, etc.) et a exposé les photos de ses récentes réalisations.

Ils témoignent

En dessous d’une trentaine des grandes photos de mineurs, qui ont travaillé en Belgique, l’ASBL Dialogue a joint le parcours de vie de ces anciens. Leur lecture est édifiante. Un exemple, parmi tant d’autres: le parcours de vie de Mohamed Tazribine.

Né au Maroc le 1er janvier 1940, le jeune homme vient travailler en Belgique et descend pour la première fois dans la mine le 2 novembre 1969. Il finira son travail de mineur de fond, comme abatteur au marteau-pic, le 30 août 1984 au Roton, à Farciennes.

Son témoignage nous est rapporté par ses proches: «Avant mon départ, on m'a dit que si je partais en Belgique pour le charbon, j'allais mourir là… Au début, j'avais très peur. On parlait encore beaucoup de la catastrophe de Marcinelle, à l'époque…

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