Charleroi: la fin des Laminoirs du Ruau

La direction du groupe Beltrame a décidé, jeudi, de fermer les Laminoirs du Ruau. 107 travailleurs risquent de perdre leur emploi.

Mathieu COLINET
Charleroi: la fin des Laminoirs du Ruau
photos laminaire du Ruau ©ÉdA – P.R.

En l’espace de quinze jours, les prévisions pour les Laminoirs du Ruau, à Monceau-sur-Sambre, sont passées de l’orange au rouge. La direction du groupe Beltrame, propriétaire de l’usine, annonçait il y a peu un maintien des volumes de production en 2012 (70 000 tonnes). Jeudi dernier, lors d’un conseil d’entreprise extraordinaire, elle revoyait du tout au tout ses ambitions et décrétait tout bonnement la fermeture prochaine des installations.

Depuis 2008, l'usine produisait au ralenti. En 2011, un quart des volumes d'avant-crise seulement devrait sortir des ateliers moncellois. Un chômage économique s'y était massivement installé avant une première coupe voici quelques mois dans les personnels. « Depuis, disons, que le recours au chômage économique avait baissé, explique Emmanuel Chemello. En 2012, nous espérions nous maintenir autour de 70 000 tonnes. Hélas, la direction en a décidé autrement. »

Selon les syndicats, les responsables du groupe Beltrame ont évoqué les incertitudes économiques actuelles pour justifier la fermeture de l’outil. La relance constatée depuis la crise de 2008 aurait en outre été trop timide.

« Nous avons tout de même l'impression qu'il a fallu choisir, explique Antonio Cocciolo, patron de la FGTB Metal. Et que le site de Charleroi a payé les pots cassés. D'autres sites du groupe ont été en revanche préservés. »

Le groupe Beltrame est surtout installé en Italie. Il détient tout de même un site au Luxembourg et un autre dans le nord de la France, à Valenciennes. Leur relative proximité géographique entretient l’espoir des syndicats d’y recaser une partie du personnel moncellois après la fermeture.

« Nous allons tenter de négocier le meilleur plan social possible, affirme Emmanuel Chemello. Pour le reste, nous espérons obtenir des reclassements en effet. »

Une première rencontre est programmée entre direction et syndicats ce vendredi.¦