Un membre du MR de Schaerbeek pose avec un panneau arraché dans les manifs contre Good Move: le MR empêtré dans une nouvelle polémique avec une rue cyclable

Un membre du MR schaerbeekois a été épinglé avec un panneau arraché dans la manif anti-Good Move. Son parti réagit. 

Julien Rensonnet
 Xavier Mezquita, Secrétaire politique du MR de Schaerbeek, s’est défendu en affirmant avoir ramassé ce panneau pour que personne ne se blesse. Il s’est fait rappeler à l’ordre par le Président du MR bruxellois David Leisterh.
Xavier Mezquita, Secrétaire politique du MR de Schaerbeek, s’est défendu en affirmant avoir ramassé ce panneau pour que personne ne se blesse. Il s’est fait rappeler à l’ordre par le Président du MR bruxellois David Leisterh. ©Twitter

De nombreux clichés ont tourné sur les réseaux sociaux ce 26 octobre suite à la 2e manif anti-Good Move à Schaerbeek. On y voit des panneaux routiers détachés et certains manifestants les brandir en signe de victoire. L’un d’eux a particulièrement attiré l’attention. Et pour cause: l’homme qui pose avec un signal "rue cyclable" est Xavier Mezquita, Secrétaire politique du MR schaerbeekois. D’après BX1, il est aussi… fondateur du groupe "Stop Good Move 1030", qui s’est fait le relais des manifestants ces derniers jours et avant.

Ceci est condamnable et condamné. Ce n’est pas parce que ce plan a été bâclé qu’il faut avoir recours à la dégradation de biens publics.

Voilà de quoi gêner aux entournures. L’intéressé se contente de botter en touche: "J’ai ramassé ce panneau qui était par terre afin qu’il ne blesse personne. Point barre", se justifie Xavier Mezquita sur Twitter. Ce qui n’a pas convaincu David Leisterh, Président du MR bruxellois: "Ceci est condamnable et condamné. Ce n’est pas parce que ce plan a été bâclé et doit être revu qu’il faut avoir recours à la violence et à la dégradation de biens publics pour se faire entendre", gourmande le Boitsfortois. Alexia Bertrand, cheffe de groupe MR au Parlement bruxellois, embraye: "le président du MR bruxellois lui a immédiatement clairement signalé que ça n’allait pas. Je suis ennuyée naturellement, mais je ne peux pas contrôler tous les membres et sympathisants du MR", plaide la Sanpétrusienne.

La section locale du parti explique de son côté que "le MR était présent aux côtés des Schaerbeekois qui ont manifesté en masse et calmement contre le Plan Good Move". Effectivement, la seule conseillère communale bleue Angelica Chan et le président de la section schaerbeekoise Yvan de Beauffort assument leur présence dans le cortège où les signaux ont été dézingués. Les libéraux de la Cité des Ânes assurent ainsi que "les habitants avaient reçu l’autorisation de la police de démonter les panneaux et les barrières des places Pavillon et Stephenson afin de les déposer symboliquement devant la maison communale".

« Il n’est pas acceptable de commettre des délits et d’enlever les panneaux de signalisation. Nous analysons les images afin d’identifier les auteurs. »

Ce n’est pas vraiment la version de la police de la zone Nord. "Au moment où les manifestants ont retiré les panneaux, plus de 200 personnes étaient présentes, dont des familles avec enfants, des habitants du quartier et d’autres quartiers", commente Olivier Slosse, chef de zone. "Agir à ce moment-là pour mettre fin à ces infractions irait à l’encontre des principes d’action policière: agir au sein d’un groupe aussi diversifié risque de blesser des passants et des spectateurs, que ce soit par l’action de la police ou par celle de têtes brûlées. Tout cela ne signifie absolument pas qu’il est acceptable de commettre des délits et d’enlever les panneaux de signalisation. C’est pourquoi nous analysons les images afin d’identifier les auteurs, d’établir des procès-verbaux et de les envoyer au Procureur du Roi".

Là où je suis en colère, c’est quand cette violence est attisée par des partis politiques comme le PTB ou le MR. C’est extrêmement dangereux.

Dans les rangs de la majorité régionale, la Ministre de la Mobilité Elke Van den Brandt se montre très critique quant à cette récupération politique. " On ne peut accepter que des groupes ou des partis abusent d’un mécontentement pour utiliser de la violence ", a-t-elle réagi sur la VRT au lendemain des incidents, parlant de " vandalisme " et pointant le MR au même titre que le PTB. Elle est rejointe par Rajae Maouane, coprésidente d’Écolo: " là où je suis en colère, c’est quand cette violence est exacerbée et attisée par des partis politiques […] comme le PTB ou le MR. […] C’est extrêmement dangereux d’attiser une colère qui existe ", commente la Molenbeekoise sur BX1. Accusations dont le PTB s’est dissocié par la voix de sa cheffe de groupe au Parlement bruxellois Françoise De Smedt.

Ironiquement, ce n’est pas la première fois qu’un militant MR tombe dans le panneau de la rue cyclable: en juillet, Alexandre Piha, vice-président de sa section auderghemoise, s’était vanté de " pousser un cycliste " pour le dépasser dans une rue cyclable. Il avait finalement dû s’excuser.