Emir Kir est exclu du PS: «Un manquement de vigilance aux conséquences graves»

La commission de vigilance du PS bruxellois a décidé l’exclusion du député-bourgmestre de Saint-Josse Emir Kir, a-t-on appris samedi à la Fédération du Parti Socialiste sur le coup d’une heure du matin.

Emir Kir est exclu du PS: «Un manquement de vigilance aux conséquences graves»

«Le PS bruxellois prend acte de la décision rendue par sa Commission de vigilance ce vendredi 17 janvier 2020, d'exclure Emir Kir. Saisie d'une plainte introduite par un militant pour rupture du cordon sanitaire – accueil et rencontre avec deux maires du MHP, parti d'extrême droite – la Commission de vigilance a pris sa décision conformément aux statuts du Parti Socialiste», ont indiqué le président Ahmezd Laaouej, et les vice-présidents Isabelle Emmery et Martin Casier.

Selon ceux-ci, la Commission de vigilance du PS bruxellois a statué après avoir pris connaissance du rapport de deux rapporteurs chargés d’analyser le dossier, et après avoir procédé à plusieurs auditions des parties concernées par la procédure.

«En conclusion de ses travaux, la Commission de vigilance fédérale a conclu que la rupture du cordon sanitaire avec un parti d'extrême droite était incompatible avec la qualité de membre du PS. Elle juge qu'il y a eu rupture du cordon sanitaire et qu'il y a eu un manquement de vigilance aux conséquences graves, de la part de ce mandataire expérimenté, dans la connaissance et dans l'enquête préalable et préparatoire portant sur les appartenances politiques des membres de la délégation de l'Association des Villes et des Communes de Turquie (TBB) qu'il a reçue le 04 décembre 2019 alors qu'elle était présente à Bruxelles du 2 au 5 décembre», souligne le communiqué.

Il y est enfin précisé que conformément à l’article 79 § 2 des statuts du PS, la décision est susceptible d’appel dans un délai de 30 jours à dater de la notification, auprès de la Commission de vigilance nationale du PS. À défaut d’appel dans le délai prescrit, la décision devient définitive.

+ Ce que l'exclusion d'Emir Kir entraîne au fédéral

«Erreur d’appréciation»

La commission de vigilance qui s’est réunie durant plusieurs heures avait à prendre position sur plainte de Jeremie Tojerow (lire ci-dessous), un militant saint-gillois du parti au sujet de la rencontre du député-bourgmestre de Saint-Josse-Ten Noode avec deux maires turcs d’extrême droite, aux côtés de quatre autres maires turcs en marge d’une réunion à laquelle ceux-ci avaient pris part au niveau européen en décembre.

Jusqu’à présent, sans nier les avoir rencontrés, Monsieur Kir a toujours démenti avoir invité ces bourgmestres d’extrême droite.

Mardi dernier, après avoir été entendu par les rapporteurs de la commission de vigilance de la fédération bruxelloise du PS, il avait redit son «attachement aux valeurs du PS et rappelé avec force» sa «condamnation de l'extrême droite», reconnaissant «une erreur d'appréciation» de sa part.

 Emir Kir a réagi dans la nuit.

Le député-bourgmestre de Saint-Josse-Ten-Noode Emir Kir, exclu du PS par la commission de vigilance du parti, a affirmé au cours de la nuit être un homme de gauche, de conviction et d’actions, dont le bilan au niveau fédéral et local plaide en sa faveur et démontre son absence de complaisance vis-à-vis de l’extrême droite. Interrogé par l’agence Belga à ce propos, il a par ailleurs laissé en suspens ses intentions quant à la possibilité d’aller en appel de la décision prise à son encontre, dans un délai d’un mois.

«Dans la vie, on peut tout fuir… sauf sa conscience. Aujourd'hui, comme au début de mon engagement en politique, la mienne est tranquille. Je suis fier de toutes les actions réalisées au service de la population», a commenté M. Kir, dans une première réaction.

Emir Kir a ajouté que sa déception par rapport au parti était grande, mais que ses idéaux de gauche demeuraient intacts.

« Par respect pour la procédure, j'avais gardé la plus grande retenue. Cela n'a pas toujours été facile. A ce sujet, je regrette que certains, au sein du parti, n'aient pas eu cette décence et que mon procès ait déjà été fait sur la place publique. Ce soir, après la délibération, je peux enfin m'exprimer. Je suis bien loin de la caricature qui a été faite de ma personne. Je suis un homme de gauche, un homme de conviction et un homme d'actions. Mon bilan au niveau local et fédéral plaide pour moi. Il démontre à suffisance mon absence de complaisance vis-à-vis de l'extrême-droite. J'ai consacré ma vie à la combattre, à œuvrer pour plus de justice sociale et à agir pour servir la population. J'ai à cœur de rétablir les faits et je communiquerai à ce sujet bientôt. Je remercie toutes les personnes qui m'ont soutenues», a-t-il encore dit.