Des perquisitions et des arrestations à Molenbeek en lien avec les fusillades

Quatre perquisitions ont eu lieu jeudi matin dans la commune bruxelloise de Molenbeek-Saint-Jean, rapportent Het Nieuwsblad et La Capitale (Sudinfo) sur leur site internet.

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Ces opérations s’inscrivent dans le cadre des enquêtes sur les fusillades qui ont eu lieu dans la commune ces derniers mois, confirme le parquet de Bruxelles. Elles viseraient un certain clan familial, un gang de trafiquants de drogue qui joue un rôle de premier plan dans la violence de rue. Trois personnes auraient été arrêtées.

"Nous pouvons actuellement confirmer que plusieurs perquisitions ont été effectuées ce matin à Molenbeek dans le cadre d’une enquête judiciaire sur des incidents de tir à Molenbeek", a indiqué le porte-parole du parquet de Bruxelles Willemien Baert. "Compte tenu de l’enquête en cours et dans l’intérêt de celle-ci, nous ne pouvons fournir aucune autre information pour le moment", a-t-il conclu.

Le plan canal n’est pas remis en cause; une demande de policiers supplémentaires à l’étude

La ministre de l’Intérieur Annelies Verlinden (CD&V) étudiera la demande d’affectation, dans l’urgence, de 20 policiers supplémentaires que lui a soumise jeudi matin la bourgmestre de la commune de Molenbeek-Saint-Jean, Catherine Moureaux, ont indiqué les deux femmes, à l’issue d’un long entretien au cabinet de la première.

Au terme de cette réunion de deux heures consacrée à la répétition de coups de feu liés au trafic de drogue dans cette commune de l’ouest de la capitale, la ministre de l’Intérieur s’est engagée à "tout faire pour renforcer les effectifs policiers, également à Molenbeek".

Catherine Moureaux s’est montrée plutôt satisfaite du climat de la réunion: "je pense que la ministre perçoit l’urgence de la situation", a-t-elle commenté. La bourgmestre était venue avec trois demandes: l’arrivée immédiate de 20 policiers supplémentaires, un engagement sur la pérennité du plan canal (ndlr: qui prévoit la mise à disposition de policiers supplémentaires sur une zone bien plus vaste que Molenbeek) tant qu’il n’y a pas de mesure plus structurelle pour améliorer l’encadrement policier à Bruxelles; et la prise en compte de Bruxelles dans le top des priorités, dans le contexte de l’affectation des 60 millions de moyens budgétaires fédéraux supplémentaires à la sécurité.

"Nous avons pu échanger sans langue de bois. Le problème dépasse le cadre de la commune, de la Région et du pays", a commenté la bourgmestre.

"Nous avons déjà mis plus de moyens policiers à disposition depuis le début de la législature. S’il y en a d’autres, il y en aura à Molenbeek également" a embrayé la ministre de l’Intérieur, soulignant qu’il n’y aurait pas de remise en cause du plan canal..

Mme Verlinden a également plaidé pour une concertation sur le plan de la prévention avec les autorités compétentes, y compris avec le ministre-président bruxellois, chargé de coordonner la sécurité et de la prévention à Bruxelles.

La ministre a par ailleurs insisté sur le fait que la police fédérale n’investissait pas davantage à Anvers qu’à Bruxelles en matière de lutte contre le crime organisé. "Il n’y a aucune motivation communautaire" en la matière, a-t-elle dit.

Selon le chef de corps de la zone de police de Bruxelles ouest, il manque actuellement la moitié des 116 policiers prévus dans le cadre du plan canal tant sur Bruxelles qu’en ce qui concerne la zone ouest (23 policiers effectivement présents sur la cinquantaine prévue).