”La politique environnementale ne peut pas se traduire par de la casse sociale”: Laaouej pointe des relations “qui se crispent” avec les Verts

Le président du PS bruxellois a taclé les écologistes, partenaires de majorité, lors de son discours de nouvelle année.

Belga
Ahmed Laaouej depute politique PS bourgmestre Koekelberg chef groupe chambre representants parlement federal
Ahmed Laaouej depute politique PS bourgmestre Koekelberg chef groupe chambre representants parlement federal ©Jean Luc Flemal

Le président du PS bruxellois, Ahmed Laaouej, n’a pas caché dimanche l’état des relations “qui se crispent” depuis plusieurs mois entre socialistes et écologistes dans la capitale pour mettre en œuvre une politique qui concilierait l’environnement et le social.

”Aux Verts, je dis et je redis, et nous ne changerons pas de ligne : la politique environnementale ne peut pas se traduire par de la casse sociale. La politique environnementale ne peut pas conduire à renforcer les inégalités sociales. Les socialistes bruxellois continueront à se battre pour assurer justice sociale et cadre de vie moins pollué et plus respectueux de l’environnement. Ce n’est pas l’un ou l’autre. C’est l’un et l’autre”, a-t-il lancé devant des militants et mandataires réunis pour une réception de nouvel an.

Le PS accuse les écologistes de faire primer la préservation de l’environnement sur le défi du logement alors même qu’ils reconnaissent que les habitants de quartiers populaires et densément peuplés de la capitale vivent dans la pollution. Quelques dossiers où des projets de logement sont contestés ont illustré ces tensions : friche Josaphat à Schaerbeek, Chant des cailles à Boitsfort et Marais du Wiels à Forest.

”Oui à la biodiversité, oui à la préservation de la planète. Mais oui aussi au droit pour les Bruxelloises et les Bruxellois d’avoir un toit de qualité pour s’abriter et vivre dans la dignité”, a souligné M. Laaouej.

”L’arrogance d’une certaine Flandre” envers Bruxelles

Le président des socialistes bruxellois a aussi brocardé “la droite”, à l’heure où certains partis veulent, par exemple, limiter les allocations de chômage dans le temps. “Il n’y a pas un jour où je ne suis pas profondément dégoûté par le discours des partis de droite qui cherchent toujours à dresser les gens les uns contre les autres, les travailleurs contre les chômeurs, les personnes en bonne santé contre les personnes malades, qui pointent du doigt l’étranger, le sans-papier, le sans-abri”, a-t-il déclaré.

Les extrêmes ont également été visés et “les discours de haine d’où qu’ils viennent”, propageant racisme, antisémitisme, sexisme, homophobie, etc. Ou la “gauche qui reste au balcon” (expression souvent utilisée pour qualifier le PTB réticent à s’engager dans la moindre majorité).

”Nous sommes les seuls à gauche à assumer des responsabilités dans les gouvernements, les collèges communaux, les CPAS pour conquérir des droits sociaux et pour faire reculer les inégalités”, a affirmé M. Laaouej.

Les revendications institutionnelles flamandes n’ont pas été oubliées. Le PS a rappelé son mantra de Bruxelles comme Région à part entière. “De l’unité de notre parti dépendra grandement notre capacité à faire face aux assauts et à l’arrogance d’une certaine Flandre qui regarde Bruxelles avec un mélange de mépris et d’avidité. (..) Vous nous trouverez toujours sur votre route, face à vous, sans jamais faiblir, chaque fois que vous contesterez, chaque fois que vous remettrez en cause, l’intégrité institutionnelle de Bruxelles comme Région à part entière, maîtresse de ses compétences au même titre que les autres Régions, à égalité !”, a encore dit M. Laaouej.

Vous êtes hors-ligne
Connexion rétablie...