Manif de chauffeurs LVC bruxellois: "Le beurre et la loi d’Uber"

Une centaine de chauffeurs sous licences LVC (location de voiture avec chauffeur) ont manifesté mercredi entre 10h et 12h devant les bureaux de la plateforme Uber à Etterbeek.

Manif de chauffeurs LVC bruxellois: "Le beurre et la loi d’Uber"

Ils demandent en premier lieu à la multinationale de faire preuve d’équité dans l’application des règles qui ont cours dans les différentes régions du pays. Il est aussi question d’améliorer certaines pratiques.

Les chauffeurs ont stationné leurs voitures le long du boulevard Louis Schmidt à Etterbeek, mais ont laissé une voie libre afin de ne pas bloquer la circulation. La manifestation était sobre. Seules quelques affiches ont été collées sur les fenêtres d’Uber avec des messages comme "Sélection des lois à la carte" et "Le beurre et la loi d’Uber".

Les chauffeurs LVC bruxellois aimeraient idéalement pouvoir retravailler à l’aéroport de Zaventem, voire dans l’ensemble de la région flamande. Amin Atman, un chauffeur LVC qui exprime les revendications du groupe, expliquait mardi que "depuis le 1er janvier 2020, en respect du plan Taxi du gouvernement flamand, les utilisateurs des applications bruxellois et wallons n’ont plus le droit de travailler à l’aéroport de Zaventem et Uber leur a bloqué l’accès. À Bruxelles, Uber laisse par contre l’application ouverte à tout le monde et c’est l’anarchie totale. La situation est injuste pour les chauffeurs bruxellois. (...) On sait bien que les chauffeurs wallons ont peu de travail en dehors de Bruxelles, car Uber est peu développé dans leur région. Personnellement, je ne suis pas opposé à ce qu’ils travaillent à Bruxelles. Mais, nous souhaitons soit une ouverture large pour tout le monde, soit une application stricte de la loi partout".

Il estime que les chauffeurs LVC ont du mal à gagner des montants satisfaisants à l’intérieur du seul marché bruxellois, alors que celui-ci est largement ouvert aux travailleurs mais compte un nombre réduit de clients en raison de la crise sanitaire.

Une centaine de conducteurs de taxis ont manifesté mardi à Bruxelles pour demander des contrôles de leurs concurrents LVC afin que ceux qui ont des licences délivrées par la Flandre et la Wallonie ne viennent plus travailler à Bruxelles. Ils appelaient Uber à ne plus leur distribuer de courses dans la capitale.

Au contraire, quelques chauffeurs LVC avec des licences flamandes et wallonnes avaient exprimé leur volonté de continuer à pouvoir travailler à Bruxelles. Ils avançaient entre autres que Bruxelles était leur lieu de travail et qu’ils avaient pris des licences d’autres régions uniquement pour des raisons pratiques.

Outre les revendications liées à l’ordonnance bruxelloise adoptée en décembre dans l’attente d’un plan Taxi et à la suite du jugement de novembre de la Cour d’appel de Bruxelles qui reconnaissait une illégalité dans le fonctionnement d’Uber, les chauffeurs LVC mobilisés ce mercredi réclament la publication du descriptif des commandes. "On ne voit ni les lieux de prise en charge et de destination ni de prix indicatifs", observe Amin Atman. "On doit accepter les courses à l’aveuglette, alors que ce n’est pas le cas dans d’autres pays, comme en France, en Angleterre ou aux États-Unis où c’est une obligation légale d’afficher ces données. (...) Si on a un taux d’annulation trop important, on peut être bloqué."

Les chauffeurs LVC demandent de plus à Uber de développer des mécanismes de médiation pour les chauffeurs qui sont bloqués, en ce inclus quand cela concerne une plainte d’un client.

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