Procès des attentats de Bruxelles: Lucky, un chien pour digérer la tension (vidéo)

depuis le début du procès, un chien d’assistance attire l’attention des participants à cette cour d’assises. Le rôle de Lucky: alléger la charge émotionnelle des victimes.

Emmanuel Huet

Pas une minute ne s’écoule sans qu’une main ne passe dans la toison épaisse couleur sable de Lucky, un Golden Retriever de deux ans et demi. Depuis le début du procès des attentats de Bruxelles, Lucky est devenu la mascotte du Justitia. À l’autre bout de la laisse: l’inspectrice Emy Maerens, attachée à la zone PolBru.

Contrairement au Malinois qui inspecte les véhicules à l’entrée du parking de la cour d’assises, Lucky est un chien d’assistance. "Il se met à côté de la personne. Parfois je donne la laisse et ça aide à déstresser."

« Apaiser les gens »

En raison de l’enlisement du procès, assez peu de moments émotionnels forts ont été vécus depuis le début. c’est avant tout pour soutenir les victimes que Lucky a été appelé en renfort. Pour les rassurer lorsque les moments seront forts, lorsque les témoignages seront douloureux, lorsque la peine surgira à nouveau. "Sa présence aide les gens à s’apaiser, explique l’inspectrice." Lors de l’audience préliminaire, le public et les victimes ont découvert le visage des accusés. Un premier moment difficile… "Avec Lucky, on est passé entre les bancs pour avoir des ‘doudouces’."

Mais les "doudouces" viennent aussi des collègues policiers, des avocats, des secouristes. "Il respire le calme", s’extasie un membre de la Croix rouge.

Lucky, "c’est un aimant à personnes," s’amuse la policière. "Il attire beaucoup de monde autour de lui. Ça permet un truc positif autour de ce procès."

Présent lors de l’audition de victimes

Cela ne fait que quelques mois que le Golden Retriever a intégré le commissariat proche de la Grand-Place. "On est ensemble depuis le mois d’août. J’avais proposé le projet l’année passée. Moi, je travaille dans la cellule EVA (Emergency Victim Assistance) et je prends les auditions de victimes. Lucky est présent pendant les dépositions: mais on le propose, on ne l’impose pas aux victimes."

Le chien peut aussi être un exutoire pour les collègues policiers qui reviennent d’intervention dites "compliquées". "On peut aussi collaborer la stress team." (Une équipe pluridisciplinaire spécialisée dans le stress post-traumatique et la psychologie de crise).

Toute cette attention autour de ce chien affectueux, c’est une énorme charge mentale pour l’animal. Lui aussi a besoin de se reposer. Percevoir les émotions, recevoir des dizaines de caresse, c’est aussi éprouvant pour Lucky. "Il a aussi besoin de périodes de repos. Après une journée, il est cassé et fatigué. On voit la différence quand il y a des auditions."

Pour témoigner face à la cour, les personnes doivent se présenter seules. Mais la présidente a déjà fait savoir que le chien serait admis aux côtés des victimes qui le souhaitent.

Os’mose, l’association formatrice

Avant d’intégrer l’équipe de Polbru, Lucky a été éduqué dès son plus jeune âge au sein d’une famille d’accueil qui l’a socialisé. C’est l’association Os’mose qui gère l’encadrement du projet. Généralement, ces chiens sont destinés à des personnes handicapées afin de les aider et les accompagner dans leur vie quotidienne.

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